CHAPITRE III
l'éleclricité qui lui est propre, prend encore, avec la petite couche mince de la substance ({u'il enlève, une portion d'éiectricité propre à cette dernière; de sorte que la sienne, se trouvant modifiée, peut être positive, nulle ou négative. Ces trois effets se rencontrent quelquefois dans le frottement rapide d'un bâton de cire d'Espagne contie une plaque de métal. On ne saurait donc trop se garantir de cette cause d'erieur , dans des expériences relatives au dégagement de l'électricité par frottement.
■yo.M. Auguste Delarive a fait(piel(|ues expériences à ce sujet, dont voici les principaux résultats (i). Lorsqu'on passe légèrement le doigt ou une substance quelconque sur une surface métallique en contact avec un des plateaux du condensateur, ou avec un électroscope ordinaire, il y a un dégagement sensible d'électricité. Il faut avoir soin que la main soit très- sèche, car si elle est humide, il n'y a aucun effet de produit.
Les métaux frottés avec la main ne prennent pas tous la mênie espèce d'électricité; l'antimoine, par exemple, est négatif, et le bismuth positif, résultat inverse de celui que l'on obtient quand on frotte ces deux métaux l'un contre l'autre.
En se servant, pour corps frottants, de l'ivoire, de la corne, du liège, et de diverses espèces de bois, les métaux suivants acquièrent souvent l'électricité négative : le rhodium, le platine, le palladium, l'or, le tel-hue, le cobalt et le nickel; tandis que l'argent, le cuivre, le laiton et l'élain, qui sont aussi négatifs, se montrent quelquefois j)ositifs, surtout l'étain. L'antimoine donne les signes les jîIus foitement négatifs , quoiqu'on le trouve aussi quelquefois positif. La nature de l'électricité sur le fer et le zinc est assez variable; le plomb et le bismuth sont constamment positifs. Pour étutlier la cause de ces différences il faut former, avec différents métaux, tels ([ue l'antimoine, le bismuth et le plomb, et ceux qui
'i) Méni. delà Soc. de Phys. et d'h. n, de Genève, t. vi, p. 174-
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développent des électricités opposées, l'étaiii, le zinc et le fer, des cubes d'un pouce âc côlé, afin d'opérer tantôt sur les faces plus ou moins polies, tantôt sur les arêtes. On trouve les résultats suivants : clans un air très-sec, et avec les doigts ou du bois bien desséclié, les métaux incertains, c'est à-dire ceux qui donnent des électricités contraires, sont toujours négatifs, que la surface frottée soit polie et décapée, ou oxidée.
Quand la surface frottée est grande, le métal devient positif, si l'on promène le frottoir dans toute son étendue. Il acquiert bien plus facilement cet état électrique, en le frottant avec le liège.
Une élévation de température dans l'un des deux corps augmente les effets et modifie leur nature. T-c fer, le zinc et l'étain, exposés immédiatement à une baute température, et frottés immédiatement sur une surface bien unie, donnent le plus souvent de l'électricité positive et de l'électricité négative, cpiand on opère le frottement sur une arête vive. Un frottement plus ou moins rapide n'exerce aucune influence sur le pbénomène. M. Delarive a expliqué tous les résultats, et d'autres encore, que je ne metitiomie pas ici, en jiartant du principe que tous les métaux, quand ils sont frottés par le bois, la main, le liège, etc., « j)rennent l'électricité « négative, pourvu que le frottement s'opère sur une « pifitie de leur surface qui soit bien décapée. » Il attribue ce cbangement dans la nature des signes électriques, à ce qu'il se forme très-vite à la surface de certains métaux ime légère couclie d'oxide, qui est enlevée par le frottoir, de sorte que le frottement n'a plus lieu entre le métal et le bois, mais bien entre le métal et la coucbe d'oxide métallique qui recouvre le frottoir, le métal étant toujours positif par rapport à son oxide.
Dans le cas où la coucbe d'oxide est épaisse et ne peut plus être enlevée, le frottement s'opère entre le corps frottant et l'oxide ; dans ce cas, le métal ne contribue en rien à l'effet électrique.
On obtient plus facilement les signes d'électricité