CHAPITRE Iir
positive sur les métaux, quanti on les frotte avec du liège ou du caoutchouc, parce que plus le frottement est doux, plus on enlève facilement la couche d'oxlde. Ces résultats montrent combien de précautions on doit prendre dans lés recherches relatives au dégagement de l'électricité par frottement pour se garantir de diverses causes d'erreur.
n\. L'état des surfaces a une telle influence sur la nature de l'électricité dégagée dans le frottement des corps mauvais conducteurs, qu'il existe une substance minérale cristallisée, à laquelle Haûy a donné le nom de disthène, qui prend l'électricité positive sur certaines faces, et l'électricité négative sur d'autres avec le même frottoir, sans que l'on puisse reconnaître la moindre différence entre elles.
72. Coulomb a fait des expériences sur le dégagement de l'électricité qui peuvent jeter aussi quelque jour sur les causes qui déterminent un corps à prendre telle ou telle espèce d'électricité. Nous devons la connaissance de ces expériences à M. Biot, qui a eu k sa disposition les manuscrits de ce célèbre physicien (i). Une bande de papier chauffée, que l'on frotte contre une étoffe de laine blanche, prend toujours l'électricité négative. Le résultat est encore le môme lorsqu'on la frotte contre du métal, à moins que celui-ci n'ait un grand degré de poli. Dansée cas, elle donne quelquefois des signes très-faibles d'électricité positive.
Avec une étoffe de soie blanche, elle donne également des signes d'électricité négative; mais lorsque l'équilibre de température est rétabli, elle ne donne le plus souvent que des signes d'électricité positive très-faibles.
La même bande de papier chauffé prend toujours l'électricité positive quand on la frotte contre une étoffe de soie noire et de bon teint.
Lorsque la même étoffe est demi-usée, la bande de papier chauffée prend au contraire l'électricité résineuse;
(1) Traité de Phys.. expérim. et mathém., t. 11, p, 354.
Ïl6 DKGAG. d'ÉLEC. PAR FROTTEMRNT.
frottée de nouveau peu de temps après, elle ne donne d'al)ord aucun signe d'él-ctricité, mais ensuite elle on donne d'électricité positive.
Un ruban «le soie blanche, dont on a élevé la température, prend toujours l'électricité négative dans son frottement contre du métal, tandis que si on le laisse refiûidir, il donne des signes d'électricité positive trèsfaihles cpjand le mêlai a un très-giand degré de poli.
Un ruban noir, cliaufte ou non, mais soyeux et de bon teint, prend toujours l'électricité négative, quand il est frotté contre un métal , que ce métal soit poli ou non. Dans le cas où le ruban est peu soyeux, il donne quelquefois des signes d'électricité positive. Nous avons dit précédemment <|ue lorsqu'un rid)an de soie blancbe, cbaufté ou non, est frotté contre um* étoffe noire et de bon teint de même nature, il prend toujours l'électricité positive; mais si cette étoffé est usée et que le ruban blanc soit chauffé, il donne dos signes d'électricité négative tant (|u'il est chaud, et devient positif à mesure qu'il se refroidit.
Une étoffe de soie que l'on agite avec une certaine rapidité dans l'air acquiert un excès d'électricité négative; l'air, par consécjuent , doit prendre un excès d'électricité j)ositivo.
Un ruban do soie, une bande de papier, un ruban de laine, fiottés contre une peau garnie encore de son poil , prennent toujours une électi'icité négative dont l'intensité est plus grande que celle que l'on obtient ave(> d'autres frottoirs. Tous ces exemples viennent à l'apjjui des idées (pie nous avons émises sur la cause principale qui exerce le plus d'influence sur la nature de réiectricité que prend un corps dans son frottement sur un autre corps. Nous voyons effectivement que les tissus ou les rd)ros do matière animale et végétale dont les parties sont plus ou moins lâches doivent éprouver plus de déplacement que celles des surfaces métalliques sur lesquelles on les frotte. Aussi doivent-elles donner souvent de l'électricité négative.