CHAPITRE IIÎ
Ces expériences montrent encore que la chaleur dispose les corps à acquérir l'électricité négative; en écartant les particules, elle les rend plus aptes à être déplacées par le frotteineiit, et les range par conséquent dans la classe des corps dont les surfaces sont recouvertes de légères aspérités.
73. ]\ï. Dessaignes a fait également un grand nombre d'expériences sur la génération du pouvoir électrique, et particulièrement dans le frottement du mercure avec certains corps. Les résultats qu'd a obtenus mettent en évidence le principe dont il a été question précédemment (i).
Il distingue ti'ois sortes d'immersion des corps dans le mercure, qui produisent des effets différents : immersion brusque, lente, et immersion qui consiste ii enfoncer le corps dans le mercure, et à l'y laisser plus ou moins de temps. Les corps sur lesquels on expérimente sont maintenus préalablement dans un flacon qui renferme de la chaux caustique.
Ordinairement le verre, le soufre, l'ambre et la cire d'Espagne à la température de 10^ ne sont électriques par aucun des trois modes. Il en est encore de même jus({u'à 18° au-dessus de zéro, pourvu qu'ils soient à égalité de température avec le mcrcme. L'ambre ou le succin commence h le devenir par le choc à + ii**, la cire d'Espagne à 4- r 5 , et le verre à + 20. Il faut avoir l'attention de laisser ces corps dans le mercure assez de temps pour cjue l'équilibre s'établisse, et de les retirer ensuite lentement.
Entre 80 et 100° le pouvoir électrique s'éteint même par immersion bruscpie.
M. Dessaignes établit en principe que ces quatre corps ne sont point électriques dans le mercure à égalité de •température, toutes les fois qu'on fait l'immersion sans pression mécanique.
(i) Journ. de Phys., t. lxxiIi, p. 23o.
l'iS DKGVG. d'ÉLLC. par FROTTEMENT.
Il a trouvé (|iie le coton, le papier, lu laine sont trèsélectriques par les trois modes d'ininiersioii (le{)uis 4- lo" jusqu'à 8u", même à égalité de température avec le mercure.
Le Nerre, le soufre, le succin et la cire d'Espagn^ sont toujours électriqiu's quand ils sont lui peu plui chauds que le mercure; un degré de difïérence suOlt pour cela.
Un cylindre de verre échauffé à i ou" n'est pas électrique, quand on le plonge dans du mercure à 18° audessus de zéro.
En opérant d'une manière inverse, un tube de verre n'acquiert également aucune électricité dans du mercure dont la tenipérature est portée à 60 ou 80° ; mais il devient électricpie entre /|0 et 5o".
Il a cherché ensuite à détermiirer la nature de chaque électricité, dans l'espoir d'accorder les résidtats de Canton, de Vannmaruniet Roy. Le premier avait assuré que le verre sortait toujours positif tlu mercure, et les deux autres qu'il était négatif. Suivant M. Dessaignes, lorsque la coloiuie de mercure est élevée dans le baiomètre, et que l'air tend au froid, le verre, le succin, la cire d'Espagne, le colon, la soie et la laine sont toujours négatifs; ils sont au contraire positifs lorsque le l^aromètre est bas et que la température de l'air tend à augmenter. Le soufre est toujours resté positif. Pendant l'été, il a trouvé ces corps toujours positifs dans du mercure impur, et négatifs dans du mercure pui*.
Une tige de verre, avons-nous dit, à égalité de température, n'est pas excitable dans le mercure. Elle est positive lorsque sa température est un peu plus élevée que celle du mercure, et négative au contraire lorsqu'il y a un grand intervalle entre elles. Ces influences de la tenqjérature sur le pouvoir électrique ne sont point particulières au mercure, on les trouve encore dans le frottement de ces mêmes corps sur la laine.
Le froid, comme une température très-élevée, éteint le pouvoir électrique.