CHAPITRE m. îiq
Ces différents résultats prouvent qu'avec le succin, le soufre, la cire d'Espagne et le verre, c'est-à-dire avec les corps dont les particules des surfaces se déplacent moins facilement, le simple contact avec le mercure ne suffit pas pour les rendre électriques, et qu'il faut encore produire un ébranlement sur ses surfaces, tandis qu'avec le coton, le papier, dont les parties éprouvent facilement des dérangements, en raison de leur élasticité, il suffit d'un très-léger ébranlement, tel que celui qui provient de la rupture de l'action capillaire, exercée par le mercure sur ces substances. En général, on peut dire que les substances fibreuses jouissent de la faculté de s'électriser facilement, par cela même que leurs particules se déplacent plus aisément.
74- M. Dessaignes a rechercbë aussi quelle était l'influence de la cbaleur et du fioid sur les métaux, pour modifier leurs facultés électriques dans leur frottement avec divei's corps. Les métaux qu'il a soumis à l'expérience sont l'or, lebismutb, le zinc, l'antimoine et le plomb.
Tous ces miUaux refroidis jusqu'à o" ne sont plus électriques par frottement.
Dans les grancJes cbaleurs de l'été, la marche de l'électricité des métaux est inverse de celle qui a lieu dans l'hiver, car alors la chaleur les rendait positifs, et ils devenaient négatifs par le refroidissement, tandis qu'ici c'est l'inverse.
Il avance avoir constaté, par des expériences positives, que l'air dense influe* aussi sur l'électricité des métaux ; par exemple, lorsqui.'î le baromètre est haut, et que le vent est au nord ou au nord-est, les métaux sont fortement électriques. Dans vCette circonstance, ils sont toujours positifs lorsque la température de l'air tend à monter, et négatifs dans le cas contraire.
M. Dessaignes a obtenu des résultats si singuliers dans les nombreuses expériences qu'il a faites sur le dégagement de l'électricité, qu'il est difficile d'enti^evoir la cause qui les a produits; si toutefois il n'y a qu'une seule cause, car tout porte à croire qu'il y en a plusieurs. X)aias une
l3o EFFETS ÉLEC. DE FROTT. CONSID., ETC.
question aussi ardue et aussi compliquée que celle du dt gagemeiit de l'électricité, on doit éviter de rejeter les faits qui ne cadrent pas avec les théories généraleinenl adoptées, attendu que ces théories sont tellement incomplètes , qu'on les trouve souvent en défaut. Il vaut mieux présenter ces faits purement et simplement, quand ils ne choquent pas trop la raison, que de les passer sous silence; car il peut se faire ([ue d'un instant à l'autre de nouvelles découvertes permettent de les expliquer.
Je crois devoir encore rapporter le tableau que Cavallo nous a laissé de plusieurs substances rangées suivant leurs facultés électriques de frottement.
Le poil (le cliat. Le verre jioli . . .
Le verre dépoli . .
La tourmaline. ■ . .
La peau tic lièvre.
La soie blanche. . .
positif. . .
positif. .
négatif. .
positive.
La soie noire.
négative.
positive.,
nej;ative.
positive.
néfj'Ulive.
positive.
nésralive.
La cire à cacheter.
posiiive.
négative.
Le bois séché au j positif
four j ni-galif
FROTTt AVEC
toutes les substances qu'on a essayées jusqu'à
présent, toiite-i les substances, exceptrj le poil de chat, le taffetas ciré sec, le soufr'..| les uieluux. Us eloff.s (le laine, les tuyaux de plume, le
bois, le papier, la c'jre d'Espagne, la cire
blanche , la niai:i.
l'ambre, l'air injecté au moyen d'un soufflet, le diamant , la mai' j, les métaux, la so-,^.. Paimant, le cuir, la main,
le bois scelle a „ f„ur, le papier, d'aiities peaux |:|us fi„es.
la soie noire , |es mctaux , le drap noir, le papier , I j main, les cheveux , la peau de belette, la cire d' Espagne, les pea' j.^ Je lièvre, de belette, et de furet, l'ai-
"*■" it, le laiton, l'argent, le fer, la main, la
*•' ,ie blanche.
1" ekiues métaux.
'' .s peaux (le lièvre, de belette, de furet, la main, le enivre, les étoffes de laine, le papier, quelques métaux, la soie.
la flanelle.
IfT^T******^* ■■ Il JM
§ XVir. Des ejft^^s électriques de frottement considérés corn ^e e/jfe/s électro-chimiques.
75. Ji'isqu'i (^i nous avons considéré les effets électriques de frottemf ,nt comme le résultat de l'ébranlement des particules ^es surfaces soumises à l'action mécanique; il s'agit de voir si, dans quelques cas, et peut-être dans le