‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 8 sur 335 · CHAPITRE II. I I · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. I I

8. Tous ces électroscopes , sans en excepter celui de Coulomb , sont insuffisants quand il s'agit de rendre setisible une électricité dont la tension est excessivement petite et (|ui émane d'une source fonctionnant continuellement. Il est nécessaire préalablement de l'accumuler en quantité suffisantes pour que son effet soit sensible. On ajoute alors à l'électroscope deux plateaux en laiton , appelés condensateurs, qui sont dressés avec soin au tour, pour que les deux surfaces que l'on met en contact coïncident aussi parfaitement que possible. Ces surfaces sont recouvertes de plusieurs couches de vernis à la gomme laque appliquées à chaud; l'un des plateaux est vissé à la tige de métal à la place du bouton fig. 8, et le plateau supérieur porte à son centre un manche isolant par lequel on le prend. Le premier est appelé collecteur, parce cpi'il est destiné à recevoir l'électricité de la source d'où elle émane. On est dans l'usage de recouvrir aussi de vernis les autres parties du plateau, excepté celles cjui servent à établir la communication avec la source d'électricité et le réservoir commun. Les plateaux en laiton ne doivent pas être employés dans les expériences délicates, parce qu'il est impossible de se garantir des effets électro-cbimiques; il faut leur substituer des plateaux de cuivre plaqués en or, ou bien des plateaux en verre doré : on est alors assuré que la réaction des liquides sur le métal ne peut troubler les effets que l'on veut observer. Quelquefois on enveloppe la cloche d'une autre, pour empêcher qu'elle ne se recouvre d'une couche d'eau hygrométrique ; mais ce qu'il y a de mieux à faire est de placer l'électroscope condensateur dans une cage vitrée, dont l'ptendue soit suffisante pour que Ton puisse expérimenter sans difficulté; en y plaçant de la chaux vive, on évite que l'air humide n'enlève l'électricité à la source qui la produit, avaritage que l'on n'a pas quand on se borne a environner la cloche de l'électroscope d'une cage carrée reposant sur la même base.

Le diamètre des plateaux varie depuis 4 pouces jusqu'à 8 ou lo; oa peut leur donner de plus grandes

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dimensions , mais on éprouve alors de la difficulté à les dressc'i' de manière à ce (|ue les surfaces de contact coïncident parfaitement : il faut alors leur doiuier une grande épaisseur pour empêcher (prellos ne deviennent gauches, ce (|ui rend les plateaux trop pesants. J'ai formé des plateaux avec deux places de 20 pouces de diamètre, qui avaient été usées à l'émeri l'une sur l'autre pour mieux coïncider, puis recouvertes avec soin de feuilles d'élain très-minces. La manœuvre en était également fatigante, ]i\ la rendis plus facile au moyen d'une corde passant dans une double poulie, et d'un contre-poids. Cet appareil avait une force condensanle considérable; mais comme le métal enveloppant était li-ès-oxidahie, j'obtenais des effets composés cpTil n'était pas toujours possible d'analyser. En substituant des feuilles de plaline à celles tl'étain , on aurait fait disparaître cet inconvénient.

On visse aussi au plateau iuféiieur du condensateur une tige horizontale en laiton , terminée par un anneau circulaire sur le([uel on pose les capsules de métal ou autres petits appareils qui servent à diverses expériences.

9. L'électroscope condensateur a reçu dans ces derniers temps un giand perfectionnement qui est du à M. Bohnenberger, professeur de physique et d'astronomie à Tubingues (1). On prend deux piles sèches que l'on place dans une position verticale, les pôles contraires en regard, comme l'indique la figiu-e 9; au lieu de deux feuilles d'or, on n'en prend qu'une seule, qui est placée entre les deux pôles. Aussitôt qu'elle a reçu du condensateur une très-faible quantité d'électricité, elle est attirée par le pôle qui possède l'électiicité contraire, et repoussée par l'autre , àeux actions qui s'ajoutent. Cet appareil a une telle sensibilité, que, dans un temps sec, lorsque les piles sèches fonctionnent convenablement, un bâton de gomme hupie frotté avec du drap agit sur

(1) Bibl. univ. Nov. 1820 et Annal, de Ch. et dePhys. , t. xvi.

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