‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 83 sur 335 · CHAPITRE III. iSg · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. iSg

laque, excepté clans deux parties, à l'une (lesquelles on soude une tige de platine, et dont l'autre est recouverte exactement d'un disque de verre, afin que le zinc ne se trouve nulle part en contact avec l'air. L'appareil est placé dans une cage de verre où se trouve de la chaux vive.

Le plateau inférieur du condensateur étant d'or, le plateau supérieur de zinc, si l'on touche le premier, d'une part avec le doigt mouillé , de l'autre la tige de platine fixée au second également avec un doigt mouillé, on trouve, en enlevant le plateau supérieur, que l'appareil s'est chargé d'électricité négative. Le platine, dans son contact avec le zinc , a donc pris l'électricité négative, indépendamineni de l'action de l'air sur ce dernier. Peut-être objectera-t-on que l'air humide agit encore , quoi([ue faiblement, sur le ziuc à travers quatre ou cinq couches de vernis appliquées sur la surface : c'est un fait que M. Delarive a essayé de démontrer, et sur lequel nous reviendrons dans un instant.

Si l'on' touche maintenant avec le doigt mouillé la partie découverte du plateau de zinc au lieu de la tige de platine, l'appareil j)rend une charge d'électricité positive, comme on devait s'y attendre, en raison de la réaction du zinc sur le li([uide adhérent au doigt. Ces résultats, s'ils ne proviennent pas de la réaction de l'eau et de l'air sur le zinc, par l'intermédiaire des couches de vernis qui ont été appliquées sur la surface, doiventils être attribués uniquement au contact du platine et du zinc, ou à d'autres réactions, telles que celles qui ont lieu de la part de l'eau siu" les substances acides ou alcalines qui ti-anspirent par les pores de la peau. C'est là 01) en est ramenée la question du contact.

M. Peltier a répété l'expérienciî rapportée pi us haut d'une manière qui en rend le résultat plus évident. Il prend deux disques, c et 2, l'un de cuivre et l'autre de zinc, soudés à une tige cib en cuivre (fig. 4^ ). Il soude également siu' ledis(|uec une autre tige m en platine, et une tige^zàuti autre disque c en cuivre, qui est vissé à la partie supérieure

l4o EFF. ÉLEC. DANS LE CONT. DES CORPS COND.

d'un éicctroscope. Toutes les parties de cet appareil, à rexception des tiges de platine, sont recouvertes de plusieurs couches de vernis à la gomme laque. Il pose d'abord z sur c y et met en communication /// et n avec un fil de platine : en touchant le plateau inférieur d avec le doigt, l'appareil se charge d'électricité négative; (juand on pose au contraire c sur c', il n'y a aucun effet de produit : le. cop.densateur ne fonctionne pas. Cette expérience tend à prouver comme ci-dessus que le contact du cuivre et du zinc produit un cK'gagement d'électricité, independannnent de toute réaction chimique.

8.2. Jusqu'ici il n'a été question que d'effets électriques de contact dont roiiginechimi(|ue est pour le moins douteuse ; nous allons nous occuper actuellement des effets dont l'origiiie chimique est incontestable. Cette ([uestion a été traitée à plusieurs reprises par M. Delarive avec beaucoup de sagacité. La méthode expérinientale dont il a fait usage consiste à j)rendre, comme l'a fait \ olta, une plaque composée de deux lames, l'une de zinc, l'autre de cuivre, soudées ensemble par un de leurs bouts, et à tenir l'un des métaux avec la main , tandis que l'on touche le condensateur avec l'autre. Il ne faut pas perdre de vue l'action chimique qu'exercent sur la surface du zinc l'humidité de la main et celle du conducteur, qui est interposé entre le zinc et le plateau du condensateur.

M. Delarive, pour prouver que le phénomène est purement chirin{|ue, a cherché à faire dispaïaître toute espèce d'action chimique sur le zinc. Au lieu de tenir ce métal entre les doigts, il l'a inséré dans une pince de bois très-sec, et l'a j)lacé dans le vide ou lui air trèsdesséché. Quand le bois touchait avec le sol , on n'observait aucun signe d'électricité ; mais aussitôt que l'on humectait la pince ou que l'on entourait le zinc d'air humide, de chloie ou de vapeurs acides, l'électricité reparaissait avec force. Il en a tiré la conséquence! que c'est à l'action chimique et non au contact qu'est' dû le développement de l'électricité. Dans la théorie de

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Volta on rend compte des effels observés, en disant que le bois sec, n'étant pas conducteur de l'électricité, ne peut donner écoulement à l'électricité positive du zinc, mais que dès qu'il est conducteur, la charge doit s'effectuer.

Le savant Genevois a été frappé surtout des réstdtats qu'il a obtenus en employant le potassium et le sodium.

Un morceau de l'un de ces deux métaux ayant été fixé à une pince de platine par l'une de ses extrémités, tandis qu'on le tenait par l'autre extrémité au moyen d'une pince d'ivoire , on l'entoura d'huile de naphle très-pure , et on toucha le condensateur avec le bout d'une pince de platine, il n'y eut aucun signe d'électricité; mais aussitôt que l'huile de naphte fut enlevée, et que l'air put réagir sur le métal, l'électricité dégagée fut des plus vives.

M. Delarive a cherché à combattre l'objection qu'on lui a faite, que le bois sec, n'étant pas conducteur de l'électricité, le condensateur ne pouvait se charger. Il a fait à ce sujet l'expérience suivante. 11 prit un cylindre d'ébène de lo à ii centimètres de longueur et de 2 de diamètre; l'ayant desséché fortement, il inséra à chacune de ses extrémités deux petites boules de zinc, terminées par des bouts de laiton. La partie extérieure du zinc, ainsi que les extrémités du cylindre d'ébène, étaient recouvertes d'une couche de cire, qui interceptait l'action de l'air humide. En tenant à la main le bout de laiton d'une des deux lames de zinc , et en touchant le condensateur avec l'autre bout , on n'obtenait aucun signe d'électricité: cet effet se conçoit parfaitement dans la théorie de Volta. Ayant retiré ensuite une des lames de zinc, il l'humecta légèrement avant de l'introduire de nouveau dans la fente pratiquée dans l'ébène; dans ce cas il eut des signes électiiques tiès-prononcés. L'électricité développée était négative quand le bout de laiton , mis en contact avec le condensateur, était celui qui était soudé à la lame humectée, et positive quand c'était le bout tenant à la lame non humectée. M. Delarive en a

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