APERÇU GÉNÉRAL DES ALTÉRATIONS
exploitée presque à fleur de terre. La partie supérieure est devenue tout à fait terreuse, et ne paraît renfermer que de l’hydroxide de fer. Dans le Dauphiné, particulièrement à AJlevard , on voit apparaître quelquefois au-dessus des terrains qui renferment du fer spathique des flammes qui portent le nom d’essorements. Ce phénomène a été observé par un si grand nombre de personnes, que nous croyons devoir en faire mention ici, en le décrivant tel qu’on nous l’a rapporté, sans en garantir autrement l’autbenticité : la hauteur de ces flammes est quelquefois considérable; là où elles se montrent, on aperçoit des fissures, et si le phénomène se produit dans l’hiver, la neige est fondue à l’entour. En pénétrant dans le sol, on reconnaît que le minerai est fortement altéré : aussi les habitants d’Allevard regardent-ils la présence de ces flammes comme un indice d’un gîte riche en fer spathique.
Le minerai décomposé renferme toujours des carbonates de manganèse et de magnésie en diverses proportions , quand il est intact au contact de l’air. Quand ce minerai intact est au contact de l’air, il prend assez promptement une teinte jaunâtre ou brune par l’effet d’une décomposition , et se change en un mélange de peroxide et d’hydrate de peroxide. Il paraît, comme l’a avancé le premier M. Berthier, que le fer et le manganèse, en se suroxidant et se changeant pour la plus grande partie en hydrate, abandonnent leur acide carbonique, qui se porte sur le carbonate de magnésie et le transforme en bi-carbonate soluble que les eaux entraînent facilement.
Le résultat de la décomposition du fer spathique nous annonce donc une oxidation et une formation d’hydrate, et par conséquent la présence de l’eau ; dès lors ne pourrai t-cn pas admettre qu’une portion de cette eau a été décomposée pour oxider le fer, et que l’hydrogène est devenu libre? Mais comme ce gaz n’a pu se dégager qu’après avoir acquis une tension suffisante pour vaincre la résistance que lui présentaient les roches adjacentes, il a dû s’accumuler dans les cavités, d’oü il a fait érup-