CHAPITRE X
NOUVELLES OBSERVATIONS SUR L’EMPLOI DE L’É- LECTRICITÉ A FORTE TENSION POUR FORMER DES SUBSTANCES MINÉRALES ET AUTRES.
1291. En terminant la première partie de ce volume, M. Crosse nous a communiqué de nouveaux renseignements sur les résultats qu’il a obtenus dans ses recherches sur la formation des substances minérales, au moyen des courants électriques provenant de piles composées d’un grand nombre d’éléments; nous allons les exposer ici, en raison de l’intérêt qu’ils présentent.
Dans le voisinage de Broomfîeld se trouve une caverne dont la voûte est en partie revêtue d’arragonite et de carbonate de chaux en très-beaux cristaux; l’eau qui découle de cette voûte tienten solution environ dix grains de carbonate de chaux et une petite quantité de sulfate de même base par pinte. Ayant rempli un verre à boire de cette eau , il l’a soumise, à laide de fils de platine, à l’action de deux cents paires de plaques chargées avec de l’eau ordinaire; au bout de dix jours il a aperçu sur le fil négatif des cristaux rhomboïdaux de carbonate de chaux, et sur le fil positif des bulles de gaz Trois ou quatre semaines après , le fil négatif était complètement revêtu d’une croûte de cristaux réguliers et irréguliers de carbonate de chaux. Il est bien évident que le bicarbonate de chaux a été décomposé, sous faction du
29O NOUV. OBSERV. SUR l’eMPLOI DE l’ÉLEC., ETC.
courant, en carbonate qui s’est déposé et en gaz acide carbonique qui s’est dégagé.
L’expérience fut répétée dans l’obscurité, avec une batterie de trente-neuf plaques de deux pouces, le fil négatif ayant été enroulé aPutour d’un mor ceau de pierre calcaire. Au bout de six semaines, tout le fil négatif était recouvert de carbonate de cbaux cristallisé. L’eau épuisée de carbonate ayant été enlevée et remplacée par d’autre qui en renfermait, et ainsi de suite pendant huit mois, le fil négatif s’est recouvert d’une couche calcaire épaisse et très-rude, dont une partie était aussi blanche que la neige, et l’autre avait une couleur brune qui s’étendait en partie sur la pierre calcaire qu’entourait le fil.
1292. M. Grosse a opéré ensuite d’une autre manière; il a fait tomber de l’eau goutte à goutte pendant plusieurs semaines sur un morceau de brique ordinaire, à travers laquelle il a fait passer, au moyen de fils de platine, le courant de cent paires de plaques de cinq pouces, chargées avec de l’eau. La brique était supportée par un entonnoir de verre qui conduisait l’eau dans une bouteille placée au-dessous.
Après quatre ou cinq mois, la brique était en partie recouverte de carbonate de chaux, plus ou moins cristallisé, et des cristaux prismatiques très-fins d’arragonite étaient déposés sur la partie la plus rapprochée du pôle positif, tandis que le carbonate de chaux ordinaire était confiné du coté négatif.
1293. Le même expérimentateur a fait d’autres expériences avec une batterie de onze grands cylindres de zinc et de cuivre, chacun de neuf pouces de haut et de quatre de diamètre. Il a exposé à son action un morceau de la même brique, qui se trouvait dans un bassin de verre rempli en partie d’acide fluo-silicique , lequel ne recouvrait qu’en partie la brique ; il avait pratiqué des petits trous aux extrémités de celle-ci pour y insérer les fils de platine. Peu de temps après, le plomb contenu dans l’acide se déposa au pôle négatif, et, au bout de six semaines, on aperçut des petits cristaux de silice à l’extrémité