‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 2)Chapitre 29 sur 208 · CH A-PITRE IV · texte numérisé non relu

CH A-PITRE IV

manganèse, de manière à donner lieu aux effets ob-

serves.

lo5q. Quoique nous reconnaissions une Origine purement chimique à l’électricité voltaïque, et que l’eau réagit sur le peroxide de manganèse, pour le changer en hydrate, nous nous demandons quelle est la nature de l’action chimique que l’eau distillée exerce sur la plombagine et surtout sur l’anthracite, dont la force de cohésion est si grande, que cette substance résiste jusqu’à un certain point à l’action du feu? Dans l’impossibilité de répondre à cette question, nous émettons de nouveau l’opinion qu'il peut très-bien se faire qu’il y ait dégagement d’électricité dans le contact de deux corps, quand leur attraction est suffisante pour troubler l’équilibre naturel des molécules en présence, mais non pour vaincre la force dè cohésion qui s’oppose à leur combinaison. L’expérience suivante tend à confirmer cette conjecture : prenons une lame d’or et une autre de platine, l’une et l’autre en communication avec le multiplicateur. Plongeons-les dans de l’eau ordinaire : si les deux surfaces sont très-nettes, il n’y a pas de courant; mais en ajoutant quelques gouttes d’acide nitrique, interrompant le circuit et le refermant aussitôt, il en est encore de même, conformément au principe que nous avons établi il y a longtemps, qu’il n’y a jamais de courant électrique continu à moins que l’un des corps 11e soit attaqué chimiquement. Au lieu de refermer le circuit immédiatement après y laissons-le ouvert pendant quelques instants, on a alors une déviation de 5 à 6 degfés, produite par une décharge instantanée analogue aux précédentes et dont le sens indique que l’eau, légèrement acidulée, a pris l’électricité positive, comme si l’or avait été attaqué; et cependant la chimie n’admet aucune action de ce genre, parce qu’elle échappe à tous ces moyens d’investigation , à moins cependant que l’acide nitrique 11e contienne du gaz nitreux.

jü6o. Voici encore un autre exemple des effets électriques produits dans les actions chimiques d’une très-

faible i ntensité : on sait , d’après M. Payen, comme nous le verrons plus loin, que les solutions alcabsées jouissent de la propriété de garantir de toute altération , pendant un temps assez considérable, le fer et la fonte qui y sont plongés. Gela posé, nous avons pris un flacon d’eau distillée, dans lequel on a fait dissoudre 7^- de potasse, et l’on a plongé dedans une lame de fer, parfaitement polie, et une lame d’or. A chacune de ces lames on a fixé un fil d’or, passant à travers le bouchon qui fermait le flacon, et que l’on a mastiqué avec tout le soin possible, pour que l’air n’entrât pas dans l’intérieur. Dix-huit mois après, le fer avait conservé son éclat, aucun tubercule ne s’était formé, et tout annonçait qu’il n’avait éprouvé aucune altération appréciable à la vue.

Les deux fils d’or ayant été mis en communication avec un multiplicateur à fil court, on a obtenu une déviation de 35°, et l’aiguille aimantée, après quelques oscillations, est revenue à zéro. En interrompant la communication et la rétablissant aussitôt après, l’aiguille aimantée ne s’est plus déviée. En laissant le circuit ouvert pendant un quart d’heure et le refermant ensuite, l’aiguille a été chassée à ct50. Ce n’est qu’après une interruption d’une demi-heure qu’elle a été déviée de 35°. Voilà donc encore une décharge électrique semblable à celle de la bouteille de Leyde, et qui est analogue aux précédentes; elle nous donne un caractère à l’aide duquel on peut reconnaître des actions chimiques excessivement lentes, dont l’existence ne peut être constatée par aucun des réactifs dont la chimie dispose.

§ II. De la cémentation en général.

106 1 .Quiconque s’est occupé d’étudier les actions lentes qu’éprouvent certains métaux et diverses substances minérales soumis à l’influence journalière des agents atmosphériques ou autres, 11e peut s’empêcher de reconnaître qu’elles sont souvent le résultat d’un effet semblable à celui qui détermine dans l’acier la combinaison

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