CHAPITRE IV
du carbone avec le fer. Nous sommes donc forcé, avant de parler de l’altération des métaux, d’exposer notre manière de voir sur la cause qui produit la cémentation.
Les molécules des corps peuvent être soumises à des mouvements d’oscillation qui changent leur position naturelle d’équilibre et constituent alors des formes appartenant à un autre système cristallin, bien que la composition n’ait pas changé. Nous avons cité quelques exemples d’équilibre instable des molécules dans la phosphorescence, en montrant de quelle manière les couleurs des minéraux influaient sur la production de ce phénomène. Ces couleurs, dans les faits que nous avons cités, doivent être attribuées à l’arrangement des particules, puisque des cristaux de spath-fluor, qui étaient devenus blancs par la calcination et qui ne possédaient plus après la phosphorescence, acquéraient des teintes colorées, après avoir été électrisés, et jouissaient pleinement de la faculté d’émettre de la lumière par l’élévation de température (703, 704) Ces décharges électriques mettent donc les particules des corps dans un élat d’équilibre instable, qui peut être détruit par des causes très-légères, telles que la lumière et une faible chaleur. Une fois qu’il n’existe plus, la phosphorescence cesse, puisque les effets électriques qui accompagnent le mouvement moléculaire n’ont plus lieu.
Il faut donc admettre que les particules des corps peuvent, en oscillant, éprouver des dérangements qui changent quelques-unes de leurs propriétés physiques.
1062. M. Haidinger cite des faits extrêmement curieux, qui viennent à l’appui de ce que nous venons de dire ( 1 ). Il a trouvé que certains cristaux peuvent changer de forme en modifiant quelques-unes des circonstances qui président à leur production, sans pour cela que leur composition éprouve des changements. Le sulfate de zinc
(1) Transact. tTEdimbg. T. x.
en est un exemple. Toutes les fois que la solution de ce sel n’est pas assez concentrée pour qu’il se forme une pellicule à la surface, et que la température est maintenue au-dessous de cent., on a des cristaux qui dérivent d’une pyramide à quatre faces scalènes, dont les trois axes sont perpendiculaires entre eux. En maintenant la température à un degré plus élevé, les cristaux dérivent encore d’une pyramide à quatre faces scalènes, dans laquelle l’axe est incliné su*r la base. Dans les deux cas, la composition des cristaux est la même.
Si l’on élève la température des cristaux de la première espèce au dessus de 5^°, certains points de leur surface deviennent opaques, et l’on voit rayonner de chacun d’eux des cristaux qui appartiennent à la seconde espèce.
On a observé aussi depuis longtemps que lorsque Farragonite est exposée à la chaleur, elle devient opaque et éclate en mille petits fragments avant de perdre aucune portion de son acide carbonique. Il est très-probable que dans ce cas elle est transformée en spath calcaire , qui occupe un plus grand espace que Farragonite, dans le rapport de 29 à 27.
1 o63. On voit donc que les molécules des corps peuvent éprouver un déplacement qui change leur groupement. Cela étant, rien ne s’oppose à ce que pendant que ce déplacement s’effectue, lequel est toujours accompagné d’effets électriques, d’autres molécules étrangères puissent s’interposer entre elles, sans pour cela que le volume primitif du corps change. Nous reviendrons plus tard sur les nombreux exemples de cémentation que nous offre la nature; avant, tachons d’expliquer comment il peut se faire que l’électricité intervienne dans le mouvement moléculaire que nous venons d’indiquer. Prenons l’exemple de cémentation le plus anciennement connu, celui que nous offre l’acier pendant sa formation. M. le Play pense que le gaz oxide de carbone est l’agent qui pénètre successivement dans le fer, auquel il abandonne Une portion de son carbone pour se changer en gaz acide