INFL. DES SURF. DES CORPS DE NAT., ETC
On a mis au fond d’un tube fermé, du sulfure noir de mercure, une solution saturée de sel marin, et une lame de cuivre plongeant dedans et traversant le sulfure. Au bout de quelques mois, on a commencé à apercevoir sur la paroi intérieure du tube des points métalliques de mercure, qui ont pris avec le temps un tel accroissement que, six ans après, ils avaient de i à 2 millimètres d’étendue. Ils formaient des rudiments d’octaèdres réguliers; sur la lame, au-dessus du sulfure, il s’est déposé aussi des petits octaèdres de mercure, combiné sans doute avec un peu de cuivre. Ici l’influence exercée par les surfaces est manifeste, puisque la décomposition du sulfure a commencé dans les parties où il était en contact avec le verre.
Interprétons les effets produits : le tube étant fermé hermétiquement, le cuivre, au bout de peu de temps, quand tout l’air a été absorbé, a cessé d’être attaqué par le sel marin; d’un autre côté, le sulfure de mercure n’étant pas sensiblement soluble dans la solution de sel marin, il faut donc admettre que le sulfure exerce sur le cuivre, par l’intermédiaire du sel marin, une action chimique excessivement faible, mais capable de mettre en jeu les effets électriques qui opèrent sa décomposition. Le soufre se porte sur le bout inférieur de la lame de cuivre, se combine partie avec ce métal, partie avec l’oxigène de l’eau qui est décomposée, tandis que le mercure est transporté sur le bout supérieur de la même lame où les molécules se groupent, conjointement avec des molécules de cuivre provenant du sulfate de cuivre, pour former de petits octaèdres; tandis que ces effets ont lieu, les portions de sulfure en contact avec le verre sont décomposées, et forment des rudiments d’octaèdre d’une très-grande minceur. Ces cristaux paraissent avant que l’on commence à en apercevoir sur la lame de cuivre. Ainsi, l’action capillaire a assez de fo rce pour retenir le mercure et lui faire perdre son état liquide.
Dans un tube renfermant de l’oxide d’argent, une