‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 2)Chapitre 4 sur 208 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

solution saturée cle sel marin et une lame de plomb, on a observé des effets semblables, réduction de l’oxide d’argent sur la paroi du verre produisant une surface métallique unie et brillante, et formation d’un grand nombre de cristaux de double chlorure de sodium et de plomb.

On a placé dans un tube du carbonate de cuivre , unesolution de chlorure de sodium et une lame de plomb ; la partie supérieure s’est recouverte de cuivre métallique, le carbonate est devenu noir, c’est-à-dire, anhydre, et la partie adhérente au verre a commencé à se réduire en dendrites métalliques. La surface du plomb s’est recouverte aussi de cristaux, de double chlorure de plomb et de sodium et de carbonate de plomb. Nous pourrions citer d’autres faits à l’appui des précédents, pour montrer le genre d’influence qu’exercent les surfaces des corps sur les phénomènes électro-chimiques, même lorsque ces corps ne sont pas conducteurs de l’électricité. L’action qui a heu dans ce cas est une action attractive du verre sur les éléments qui sont à l’état naissant, ou qui sont transportés par les courants.

§ II. De V influence cle V oxidation et de diverses causes sur les effets chimiques .

1022. Les effets électro-chimiques éprouvent des variations sur des lames d’un métal facilement oxidable, toutes les fois que leurs parties superficielles ne sont pas dans le même état d’homogénéité. M. Sturgeon (i) a fait, à ce sujet, quelques observations qui nous serviront de guide.

L’hétérogénéité peut exister sur les surfaces^ métalliques , par suite de l’oxidation. qui n’a pas été la même sur tous les points, par la présence de corps étrangers qui y adhèrent, par l’écrouissage, le poli, et par d’autres causes dont il sera parlé ci-après. Il en résulte que

(i) Armais of Eleciricity, cct. 1 836.

6 JNFL. DE l’oXID. ET DE DIVERSES CAUSES, ETC.

toutes les parties n’étant pas également attaquées, les effets électro-chimiques ne doivent pas être les mêmes.

Pour le prouver, on prend un petit vase de verre, rempli presque entièrement d’eau mêlée de quelques gouttes d’acide sulfurique et l’on introduit dedans un morceau de zinc, dont la surface est bien nette; si l’on regarde attentivement la surface, on voit que les points d’où s’échappe l’hydrogène sont peu nombreux; ce sont autant de pôles négatifs de très-petits couples voltaïques dont les pôles posilifs sont placés alentour.

M. Sturgeon a exploré avec soin les surfaces avec un fil de cuivre et a trouvé que les effets produits étaient réellement électriques.

La position de ces points change fréquemment dans le cours de la dissolution du métal, en raison du dépôt d’oxide, de la texture du métal, du poli de sa surface, etc.

ioa3. On conçoit très-bien , d’après cela, pourquoi une lame de fer ou de zinc qui, avant d’être plongée dans l’eau, est polie, devient rugueuse après une longue immersion, car l’oxigène qui provient soit de l’eau, soit de l’air qu’elle renferme, se distribue inégalement sur les points de la surface qui n’étant pas également attaquables constituent autant de pôles positifs; les points qui forment les pôles négatifs n’éprouvant aucune altération restent tels qu’ils étaient d’abord. L’action chimique continuant., les pôles changent de position et il en résulte des inversions telles, dans leur nature électrique, que ceux qui étaient d’abord électro-négatifs deviennent électro-positifs et s’oxident à leur tour.

Cet effet s’observe également dans les actions brusques.

On peut expliquer maintenant pourquoi une surface rugueuse de zinc est plus sensiblement attaquée que lorsqu’elle est claire et unie. L’état rugueux annonce que les parties saillantes, par des causes quelconques, ont été moins attaquées que les parties profondes. Dèslors elles doivent constituer avec celles-ci des couples voltaïques

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