‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 2)Chapitre 31 sur 208 · CHAPITRE IV. 3q · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 3q

carbonique, lequel étant expulsé à l’extérieur, se change, dans son contact avec le charbon, en oxide de carbone, qui retourne dans le fer pour continuer la cémentation, et ainsi de suite.

On se demande si lorsque la température du fer est portée au rouge, ses molécules sont assez éloignées pour laisser passer un gaz; si cela était, cet exemple serait peutêtre le seul oii la cémentation s’opérerait par l’introduction d’un gaz dans l’intérieur du métal, car on peut en citer mille autres qui prouvent que le phénomène se produit à la température ordinaire, et que la combinaison qui en résulte a un tissu tellement serré, qu’il est de toute impossibilité qu’un liquide, ou même un gaz, puisse s’introduire dans l’intérieur. Nous ne prétendons pas du tout infirmer en rien la théorie de M. Play, nous nous bornons seulement à citer des faits qui ne permettent pas de supposer qu’elle soit l’expression vraie de ce qui se passe dans toutes les cémentations. Indiquons comment nous envisageons le phénomène, sans rien préjuger sur la nature des atomes des corps: une foule de faits nous indiquent, comme nous l’avons déjà dit (6i3), qu’à l’instant où l’action chimique s’exerce entre un acide et un alcali, les particules acides, qui sont toujours environnées d’une certaine quantité de fluide naturel, dépendante de leur nature, perdent l’électricité positive et conservent l’électricité négative, qui fait corps avec elle, tant que dure la combinaison; de même, les particules alcalines conservent leur atmosphère d’électricité positive, dont l’intensité est égale à celle des atmosphères d’électricité négative des particules acides. Quand la combinaison est effectuée, faction de ces atmosphères se trouve naturellement neutralisée par leur attraction réciproque, laquelle maintient le contact des atomes, ou, pour parler plus exactement, les maintient à une distance constante, quand la température et la pression ne changent pas.

L’existence des atmosphères électriques de l’acier et du carbone est indiquée par la nature des effets élec-

triques qui sont produits lors de la combinaison du fer avec le carbone; l’expérience prouve qu’à l’instant ou cette combinaison s’effectue, le carbone prend l’électricité positive et le fer l’électricité négative. Pour démontrer ce fait, on fixe à l’une des extrémités du fil d’un multiplicateur, un morceau de charbon bon conducteur et à l’autre un fil de fer roulé en spirale. Au moyen d’une lampe à alcool, on porte au rouge l’extrémité du charbon ainsi que la spirale, puis on les superpose l’une sur l’autre : on a aussitôt un courant énergique qui va du fer au charbon et dont la direction est la même que celle du courant qui se manifeste dans la combinaison du fer avec l’oxigène ou un acide. Ce courant est dû non-seulement à l’effet thermo-chimique, mais encore à l’action chimique.

Expliquons maintenant comment nous concevons que peut s’effectuer la cémentation, c’est-à-dire cette action en vertu de laquelle des atomes sont transportés dans l’intérieur des corps, à des températures plus ou moins élevées, tandis que d’autres en sont expidsés en même temps. Soient f , f, f , f , f1 , fig. 2e, deux

groupes d’un certain nombre d’atomes de fer; c, c , e, c , c\ c, des atomes de carbone, avec lesquels ils se combinent pour produire de l’acier.

Dès l’instant que fc, fc,fc, sont combinés ensemble, ff,f, sont environnés d’atmosphères d’électricité négative, et c, c, c , d’atmosphères d’électricité positive. Ceci n’est pas une supposition, mais une conséquence rigoureuse des faits. Les atomes fc,fc,fc, doivent se trouver dans un équilibre instable à l’égard de f\f\f et de c\ c\ c , attendu que la force d’agrégation qui les unissait à y", y, f , et à c', c', c', doit être très-affaiblie , en raison de la combinaison d’un certain nombre d’atomes de fer avec des atomes de carbone; par suite de cette instabilité ,fc,fc , yc, peuvent exécuter certains mouvements oscillatoires autour de leur position d’équilibre; or, dès l’instant que c, c, c, entrent dans la sphère d’activité de f \f , et que f\ff peuvent rencontrer d’autres atomes decarbone

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