‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 2)Chapitre 69 sur 208 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

les roches qui ne renferment ni chaux ni feldspath. Il est d’autres circonstances qui favorisent aussi la formation du salpêtre, c’est l’existence d’un peu d’humidité et d’une petite quantité de matière animale. Néanmoins M. John Davy n’adopte pas cette opinion, quoique dans les grottes de Ceyîan on y trouve généralement des excréments de chauves-souris. À l’appui de son opinion, il cite la nitrière de Mémorra, ou on trouve du nitre, quoiqu’il n’existe aucune trace de matière animale.

1 124. Au volcan de Chalusset, dans les environs de Pontgibaud, département du Puy-de-Dôme, il existe une coulée de lave, excessivement poreuse, qui forme un escarpement abrupt et très-élevé au-dessus de la Sioule. On trouve dans cette masse du salpêtre disséminé en petites houppes cristallisées blanches.

1 12O. On sait que la betterave qui a crû dans un sol trop fumé contient une assez grande quantité de nitre, tandis que lorsqu’elle se trouve dans des terrains maigres et sablonneux , elle n’en renferme pas sensiblement. M. Braconnot ayant pris des feuilles de cette dernière, les ayant liées en botte et suspendues à des ficelles pour les dessécher dans un lieu médiocrement éclairé, chaud et un peu humide , au bout de quelques mois, les pétioles de ces feuilles étaient entièrement pénétrées et couvertes d’une multitude innombrable de petits cristaux de salpêtre. Il paraît que l’acide nitrique avait remplacé les acides oxalique et malique, qui avaient disparu entièrement. J^a quantité de salpêtre était si considérable que les pétioles brûlaient rapidement comme une mèche d’artifice, à l’approche d’un corps en ignition.

1 1 26. A la Roche-Guyon , à peu de distance de Paris, il existe des nitrières qui sont l’objet d’une exploitation; elles se composent d’une craie très-poreuse, dont les couches coupées à pic se trouvent exposées à l’action directe des rayons du soleil. La Seine coule au pied des coll ines ou se trouvent les terrains crayeux. Les habitants grattent la surface des couches deux fois l’an. On enlève quelques millimètres d’épaisseur que l’on traite comme

C)2 PRODUCT. DU DOUBLE PHOSPH. D AMMON. , ETC.

des plâtras salpêtres. Le résidu crayeux qui reste après les lavages est façonné en pains et abandonné aux influences atmosphériques, qui déterminent une nouvelle formation de nitre. Suivant M. Dumas, qui a visité les lieux, il ne paraît pas que la matière animale soit assez abondante pour qu’on puisse lui attribuer la formation presque indéfinie des nitrates qui y prennent naissance.

Suivant cet habile chimiste, la grande quantité d’eau qui s’évapore du sol voisin et même de la Seine, et qui renferme en dissolution des matières organiques, est absorbée par la craie et y dépose des résidus organiques qui aident à la formation du nitre. La craie serait donc une sorte d’éponge se desséchant à la surface et reprenant par la capillarité l’humidité aux couches voisines, et qui de proche en proche fait arriver de loin les matières animales déposées dans le sol.

Dans cette localité on a observé un fait qui est une forte objection contre les partisans de la doctrine qui attribue le rôle essentiel aux matières animales; il existe dans ces nitrières des cavités creusées par les exploitants, qui servent de caves, d’écuries et même de pigeonniers, et dans lesquelles il ne se produit pas de nitre. Il faut dire aussi que les parois de ces cavités sont formés d’un calcaire, qui n’est pas poreux comme la craie.

§ III. De la production du double phosphate d' ammoniaque et de magnésie dans les matières animales .

1127. M. Mitscherlich a observé sur un calcul urinaire des cristaux de double phosphate d’ammoniaque et de magnésie parfaitement caractérisés. Comment ontils pu être formés, ou du moins comment cette substance s’est-elle séparée de l’urine pendant le court séjour qu’elle a fait dans la vessie, de manière à pouvoir cristalliser? c’est ce que nous ne pouvons expliquer.

Nous avons constaté nous-même la formation spontanée du même composé dans des matières fécales. Un

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