CHAPITRE SIXIÈME
de celle du carbonate de fer ; le fer arseniaté vert pâle, des pyrites arsenicales: la galène se décompose également comme le sulfure de fer et se convertit d’abord en une substance pulvéruleiite, noire et tachante, qui finit par donner naissance à du plomb carbonate noir ou blanc, vitreux ou terreux, qui reste mélangé avec la galène et le sulfure d’argent. On trouve fi‘éf|uemment de ces forma" tions dans les gabades de mine. Quelquefois l’acide sulfurique reste combiné avec l’oxide de plomb et donne naissance â du sulfate en petits octaèdres. La blende est aussi soumise h. des altérations particulières. Il se forme des sulfates et de l’oxisulfure de zltic. I^e cuivre pyi'iteux, en se décomposant, donne naissance à du sulfate et à du carbonate de cuivre vert, pulvérulent ou cristallisé , ou bien à du protoxide de cuivre en petites houppes soyeuses.
Dans les galeries de mines, on observe souvent des cristaux de carbonate et de sulfate de chaux et de
magnésie.
Le gypse anhydre en masses prend peu à peu de l’eau à l’air et se change en sélénite, qui se dépose en petits cristaux sur la masse de la roche.
Les roches schisteuses et aluminifères, en se décomposant, par suite de la réaction des pyrites sur l’alumine, do nnent naissance a lalun ou du moins à l’un de ses éléments, le sulfate d’alumine. Je dois mentionner aussi ici une variété de sel gemme (i) qui a la propriété remarquable de décrépiter quand on la met dans l’eau.
M. Dumas a reconnu que ce gaz est de l’hydrogène qui est fortement condensé dans les cavités du sel. La présence de ce gaz semble indiquer le mode de formation du sel gemme.
§ III. Décomposition des granités.
La décomposition des granités a attiré depuis long-
(i) Annal, de Ch. et de Phys., t. xltii, p. 3o6.
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DÏ^COMPOSITIOW DKS GRANITES.
temps l’attention des géologues, mais jusqu’ici il a été impossible de découvrir la cause de ce phénomène, qui est particulier à certaines localités et surtout a celles ou il se trouve des formations volcaniques, car il existe un grand nombre de roches granitiques qui sont restées intactes, quoique exposées depuis des siècles à toutes les influences atmosphériques. De Saussure avait observé les granités destructibles; il attribua leur altération à l’effet d’un suc corrosif qui avait dissous le gluten qui unissait toutes les parties. Suivant ce grand observateur, les granités des Alpes ne sont pas sujets à cette maladie. M. Desmarets (i ), dans la description qu’il a donnée des terrains volcaniques de l’Auvergne, a vu dans certaines parties des granités Intacts, plus loin des granités altérés, plus loin encore des granités à demi fondus, et ainsi des nuances suivies jusqu’à des laves et des basaltes. M. de Saussure a vu également ces transitions nuancées dans le Forez et les Vosges.
On croit depuis long-temps que le kaolin provient de l’altération du feld-spath, parce qu’il en a quelquefois la texture et que ses bancs contiennent encore du quartz et du mica qui ont résisté à l’action décomposante.
MM. Vauqueîin et Âlluau avaient attribué le phénomène à une désagrégation du feld-spath suivie de la mise en liberté de l’alcali enlevé peu à peu par les eaux.
Gehlen a rapporté le phénomène à l’action voltaïque, explication qui n’en est pas une, si l’on ne démontre pas comment l’électricité doit agir pour opérer la décomposition. En comparant les analyses du feld-spath et du kaolin, il a fait voir que les explications données par MM. Vauqueîin et Alluau sont incomplètes, attendu qu’en admettant le simple départ de la potasse, les autres parties constituantes auraient dû conserver leurs proportions relatives, ce qui n’est pas. Il à avancé l'hypothèse que la décomposition du feld-spath dépend de
(i) Méni. (le l’Acad. des KScienc. , an. Z771, p. 723.
CPIAPITRE SIXIÈME. 5oi
certaines facultés polaires que possèdent les molécules, et qui se développent ensuite peu à peu par des influences exléi’ieures telles que celles de l’eau ou autres agents.
D’un autre coté, M. Berthier, auquel nous devons d’excellentes analyses d’un grand nombre de substances minérales , a trouvé que la potasse n’était pas le seul corps enlevé et qu’il s’échappait aussi de la silice, c’esta-dire que le feld-spatb perdait un silicate de potasse, et se transformait en un silicate d’alumine, dans lequel les proportions de silice et d’alumine avaient changé par rapport au feld-spatli.
M. Berzelius ( I j, en parlant des corps qui perdent la propriété de se dissoudre dans les acides, après avoir été exposés à une température élevée, cite le feld-spatli comme étant probablement un de ceux dont les molécules se trouvent dans un état d’union très -intime qui les empêche d’être allerées par les acides. Pour détruire cette indifférence, il faut, dit-d, exposer b's corps à des réactions électro-chimiques plus ou moins fortes.
M. Fournet, voulant se rendre compte des causes qui ont concouru à la formation du kaolin, a étudié, à Pont- Gibaud, cette substance dans les filons, dans les parties inférieures des basaltes et à la surface du sol. Ce kaolin provient des granités, gneiss et basaltes décomposés supeificiellement dans leur place originaire.
En suivant leur altération depuis la surface du sol jusqu’à une certaine profondeur, il a trouvé : G Une zone supérieure, couleur jaune ou rouge, due à la suroxidation du fer.
2° Unezone mitoyenne, de couleur verte très-prononcée.
3” Une zone inférieure offrant tous les caractères d’un granité intact, mais qui se désagrégé complètement au moindre choc.
Enfin au-dessous se trouve, en liaison intime, le granité solide et inaltéré. Ces faits et d’autres analogues
(i) Traité cie Chimie, t. iv, p. 574.
5o2 décomposition des GRANITES.
prouvent que la décomposition de ces roches a été successive.
Dans le Limousin , si l’on examine avec attention les masses granitiques qui sont en décomposition, on reconnaît aussi que leur altération est- Successive de la surface à fintérieur.
Dans les Vosges , on a remarqué que le granité est profondément désagrégé sur les pentes orientales, pies de leur contact avec les formations secondaires et non à peu de distance; mais cet effet ne doit-il pas être attribué en partie h ce que le contact de deux roches hét érogènes est toujours accompagné de solutions de continuité plus ou moins sensibles qui favorisent les infiltrations des eaux?
M. Fournet , pour expliquer la décomposition des granités, part du principe que leur masse a été désagrégée successivement de l’extérieur à l’intérieur, par un effet de dimorphisme, qui a cliangé leur texture cristalline, comme les arragonites , les laumonltes et d’autres substances nous en offrent des exemples.
Pour justifier cette désagrégation successive, il fait remarquer ce qui se passe dan.s les basaltes et les pbonolithes. On voit d’abord une série de petites taches grises, plus ou moins rapprochées et rayonnantes, qui résultent d’une division exti’êine des parties et ne peuvent provenir des effets de contraction et de dilatation, lesquels divisent ordinairement la masse sans la porphyriser. L’altération continuant toujours, la masse se divise en une multitude de fissures dirigées ordinairement suivaut trois plans rectangulaires qui déterminent une désagrégation totale cuboïde ou plutôt sphérique par l’émoussement des angles. L’exfoliation par couches concentriques survient après par suite du gonflement de la masse, l.es diverses couches détachées tombent dans un état de désagrégation si complet, ([tie les ag^mts chimiques les attaquent facilement et les convertissent en un corps argiloïde, coloré par le fer à un tel degré d’intensité, que l’on distingue, en Auvergne, les terres végé-