‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 3)Chapitre 132 sur 141 · CHAPITRE Si:PT]ÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE Si:PT]ÈME

ranx ont été formés dans les premiers temps qui ont suivi la consolidation du globe, ])arce que le feu a concouru seul h celte action; mais ils ne sont.pas de. nature à nous initier sur le mode de formation des conq^oses dont Torigine est aqueuse, comme ceux (lue l’on trouve, par exemple,' dans les terrains de sédiment, ou dans certains filons qui n’ont pu être remplis par voie ignée.

A la vérité, on ne peut vérifier directement si les moyens qu’on emploie dans les laboratoires sont véritablement ceux dont la nature a fait usage; mais, si Ion peut arriver à prouver que les causes que 1 on inet en action se présentent dans la terre avec les mêmes circonstances, rien ne s’oppose alors à ce que l’on admette que les mêmes effets ne s’y produisent également; la conséquence me paraît rigoureuse.

On rapporte souvent à félectricite les pbenomenes naturels dont on ne connaît pas l’origine, comme si cet agent était destiné à produire tous les effets (p.ii dépendent de causes occultes. La plupart du temps, l’on ne cherche pas à démontrer si ce rapprochement est justifié par l’expérience ; c’est cependant là le point de départ.

On a vu, dans le cours de cette notice, la marche qu’il fallait suivre pour l’opérer; ainsi je n’y reviendrai pas. Mais je rappellerai seulement comment il faut concevoir rinfluence qu’exercent les effets électriques produits dans les actions chimiques sur ces actions elles-mêmes pour augmenter leur énei’gie.

Toutes les fois qu’un corps réagit sur un autre, celui (|ui joue le rôle d’acide, comme on sait, prend l’electricilé positive, et celui qu!*se comporte comme alcali, l’électricité négative : la recomp.osilion de ces deux électricités est plus ou moins immédiale sur la surface même de contact, suivant la facidté conducirien des deux corps. Dans ce cas, il y a un simple rétablissement d’é([uilihre sans production de courant, attendu (|u il n’y a pas de déplacement des deux fluides; ou s’il y a des

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courants , ils ont lieu dans toutes sortes de directions, et dès lors leurs actions se contrarient et se détruisent : aussi n’a-t-on pu reconnaître jusqu’ici aucun effet sur l’aiguille aimantée dans l’action de deux corps qui se combinent. Mais il n’en est plus de meme quand ils communiquent avec un troisième corps suffisamment bon conducteur pour qu’une portion des deux électricités dégagées éprouve moins de difficulté à le suivre, pour former du fluide neutre, qu’à se combiner immédiatement sur la surface même de contact : alors il y a production d’un courant et d’effets electro-chimiques plus ou moins sensll)les, dépendant de la nature des corps; l’un des corps au moins doit être liquide.

Quand l’un d’eux est mauvais conducteur, on a des effets auxquels j’ai donné le nom d’électro-capillo-cbimi(jues, et dans lesquels l’action capillaire paraît suppléer au définit de conductibilité. Il est donc bien entendu que, dans les actions lentes, trois corps, dont un au moins qui est liquide, sont nécessaires pour la production d effets électro - chimiques obsei'vables. \oici maintenant quelle est la conséquence de ce principe : lorsque deux corps ne réagissent que très-faiblement l’un sur l’autre, la présence du troisième donne écoulement à l’électricite , et il en résulte un petit appareil voltaïque, qui suffît pour augmenter l’énergie de l’action chimique des deux corps. Voilà comment il faut concevoir le rôle que joue 1 électricité dans la nature. L’exemple suivant éclaircira ce que je viens de dire.

On sait que l’acide liydro-cblorique n’exerce qu’une action excessivement faible sur l’ai’gent; eb bien ! mettez en contact ce métal avec un morceau de charbon, fermez hermétiquement le vase qui renferme l’acide, voici ce qui se passera : le charbon s’emparera des deux électricités qui se sont dégagées dans la faible réaction de l’acide sur le métal; il en résultera un courant, dont l’action augmentera celle de l’acide sur l’argent. On aura alors du chlorure d’argent qui cristallisera en

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octaèdres réguliers, et de riiydrogèiie carboné dont la tension deviendra suffisante pour briser le vase si ses parois offrent peu de résistance.

Résumons maintenant b's principaux phénomènes géologiques observés, et tâchons d’y trouver les conditions qui sont nécessaires pour la manifestation d’effets électro-chimiques; nous pourrons ensuite en faire l’application à des décompositions et à la formation de combinaisons insolubles.

Nous reconnaissons : que la chaleur de la terre va

en augmentant de la surface au centre; 2° que la croûte du globe est composée de deux espèces de terrains qui ont une origine différente; terrains de cristallisation ou en masse, qui paraissent en général avoir eu une origine ignée, et terrains en strate ou de sédiment, dont l’origine aqueuse est bien manifeste; 3*^ que les eaux tliermales doivent leur température élevée aux terrains d’où elles viennent; que celles qui se ti'ouvent dans le voisinage des volcans, contiennent principalement du gaz acide carbonique, du gaz hydrogène sulfuré, des carbonate sulfate et muriate de soude; tandis que celles qui en sont éloignées renferment une petite quantité de gaz hydrogène sulfuré, des murlates de chaux et de magnésie, mais point de carbonate de soude; [\ que les eaux minérales froides renferment une plus ou moins grande quantité d’acide carbonique qui tient en dissolution diverses terres, des oxides métalliques et de la silice; 5*^ que toutes ces eaux, qui viennent de l’intérieur de la terre, traversent les fissures des roclies, réagissent sur leurs éléments et produisent des composés solubles et insolubles, l.es composés solubles sont dissous par elles et transportés au dehors , tandis que les conqaosés insolubles restent sur place sous forme de cristaux ou de concrétions.

Les mêmes eaux, quand elles sont chargées de sels, peuvent encore réagir sur les roches supérieures et donner naissance à des composés particuliers, dont nous parlerons dans un instant.

54o DES FORCES A LAlüE DESQUELLES, ETC.

Un autre fait cjiii est encore bien constaté, c’est que, dans I('s terrains oîi se trouvent des pyrites de fer ou de (‘uivre, les eaux cpii suintent dans les roches, se chaînent de sulfates d(‘ fer et de cuivre: si ces terrains sont alumineux et magnésiens, il se forme en outre des sulfates d’alumine et de magnésie.

Il (ist encore bien prouvé que certains gi*anites et plusieurs roches anciennes sî^ dé( omj)osent sous l’influence de l’air et des agents (ju’il renferme.

Voyons maintenant comment on peut concevoir les effets de décomposition. Ces effets peuvent être le résultat de deux modes particuliers d’action. Le premier rentre dans le domaine de rélectro-cbimie, le deuxième dans celui de la cliimie ordinaire et n’a pas été jusqu’ici le sujet d’aucune itivestigatlon.

Si le principe, à l’aide duquel on utilise l’électricité qui se dégage dans les actions ciiimiques, pour protlu re de nouvelles réactions, est simple, il n’en est pas de même de son application, attendu qu’une foule de causes, et en particulier les diverses modifications que les actions cbimlcpies éprouvent, détrulseiît et même intei'vertissent les effets éiectri(jues produits; de là la nécessité, avant de se livrer à des recherches de ce genre, de se familiariser avec les effets électriques qui ont eu lieu dans toutes les actions chimiques, de quelque nature qu’elles soient.

Voyons maintenant comment on peut expliquer la formation de certains oxides cristallisés, des cristaux de protoxide de cuivre, par exemple, tels que ceux que l’on trouve à Chessy dans les argiles qui accompagnent ordinairement le grès bigarré et dont la formation paraît postérieure à leur dépôt.

Il est bien prouvé que les eaux qui se rendent dans ' les galeries s’emparent du sulfate de cuivi^e qui provient de la décomposition (les [)yrites cuivreuses. Siipj)osons maintenant ([u’une semblable dissolution soit séparée d’une veine d’eau (}ui ne renferme pas de sullate de cuivre, par un banc d’argile d’une épaisseur plus ou

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