CHAPITRE VI
régions les plus élevées de l’atmosphère, là ou l’air est excessivement raréfié , comment expliquer la production du bruit cpie l’on suppose résulter des décharges électriques qui produisent la lumière septentrionale?
802. Nous avons dit, au commencement de ce paragra phe, que l’aurore boréale exerçait une influence sur l’aiguille aimantée, qui troublait la marche régulière de ses variations diurnes. Quelques physiciens ont cherché à prouver le contraire; ils se sont appuyés pour cela sur les observations du capitaine Forster, qui n’a remarqué aucune perturbation de ce genre au port Bowen. Mais il suffit de comparer les lieux, sous le rapport des variations diurnes, pour interpréter la conséquence que le capitaine Forster a tirée de ses observations. Par exemple, 011 a observé, à Paris, que l’aiguille horizontale a une marche très-régulière; elle fait tous les jours, dans la meme semaine, à quelques secondes près, des excursions d’égale amplitude; il en résulte, comme le dit M. Arago, que des changements accidentels de direction de 3 ou 4 minutes doivent frapper l’observateur le moins attentif, et que des perturbations de 10, i5 et 20 minutes, doivent lui paraître énormes. Il n’en a pas été de même au port Bowen, oii les déclinaisons d’un jour et celles du lendemain, aux mêmes heures, sont ordinairement très-différentes : il en résulte dans ce cas que l’on ne peut distinguer les anomalies accidentelles produites par les aurores boréales.
On voit donc que les observations du capitaine Forster 11e prouvent pas qu’il y ait au nord, pendant les aurores, de moindres dérangements de l’aiguille aimantée qu’à Paris.
803. On a voulu rapporter aussi à l’électricité ces météores ou globes de feu qui apparaissent dans presque toutes les saisons, dans notre atmosphère, et particulièrement pendant les belles nuits d’été, lesquels sont accompagnés souvent d’une chute de pierres ; cette dernière circonstance annonce que leur production ne saurait avoir une origine électrique, à moins d’admettre, ce qui est peu
DK L AURORE BOREALE CONSIDEREE, ETC.
vraisemblable, que ces pierres ont été produites au moyen de l’etinceile électrique, à la manière de beau dans Peudiomètre de Voila. Le plus habituellement, ces météores, connus sous le nom d’étoiles filantes, consistent en une lumière plus ou moins vive, se mouvant, avec une grande rapidité, dans toutes sortes de directions inclinées par rapport à la terre. On s’est appuyé, pour leur donner une origine électrique, sur ce que leur lumière a de l’analogie avec celle de l’électricité, et que leur mouvement paraît être aussi rapide ; mais ces indications sont trop vagues pour qu’on puisse établir un rapprochement entre ces météores et des décharges électriques.