‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 106 sur 216 · ÉLECTRIQUE · texte numérisé non relu

ÉLECTRIQUE

§ i . Effets généraux.

8o4- Nous ne parlons de la grêle, dans cet ouvrage, que parce que quelques physiciens, à la tête desquels on doit placer Volta , attribuent sa formation à l’électricité. Nous ignorons encore quelle est la véritable origine de ce phénomène; mais l’illustre auteur de la pile en a présenté une théorie si séduisante, que c’est un devoir pour nous d’en parler avec quelques détails.

La chute de la grêle est toujours précédée d’ùn bruissement particulier dans les airs, que l’on compare à celui que fait entendre un sac de noix que l’on agite fortement!; elle est, en outre, toujours accompagnée d'effets électriques, comme la pluie et la neige : le tonnerre se fait quelquefois entendre avant le bruit précurseur; il se fait entendre aussi pendant la chute même, l! semblerait donc cpie l’électricité intervient d’une manière quelconque dans la production du phénomène; mais comme de pareils effets se produisent clans les pluies orageuses, on ne peut en conclure que, réellement, la grêle ait une origine électrique.

Dans nos climats, la grêle se forme le plus ordinairement dans le printemps et l’été, aux heures les plut chaudes de la journée; rarement il en tombe pendans

l5a THÉORIE DE VOLTA.

la nuit. La grêle précède les pluies d’orage et les accompagne quelquefois, mais rarement elle les suit. Les nuages qui déversent la grêle sont ordinairement trèsépais, et ont une nuance cendrée qui leur est propre; leurs bords sont échancrés, et leurs surfaces sont remplies ça et là de protubérances très-irrégulières : on a remarqué qu’ils sont en général peu élevés.

Le grêlon est ordinairement formé de plusieurs couches distinctes de glace transparente autour d’un noyau blanc, qui n’est autre qu’un flocon de neige. La grosseur de chaque grain est très-variable; on en voit de la grosseur d’une noix, et quelquefois de plus gros. Comment concevoir que des morceaux solides de glace aussi pesants, dont l’ensemble compose ces nuages couleur de cendre qui annoncent la grêle, puissent se soutenir en l’aii*, se développer ou rester immobiles sous l’amas de nuages obscurs qui couvrent une partie du ciel?

§ IL Théorie de Fol ta,

Yolta a essayé de rendre compte de ces différents effets, tout en ne se dissimulant pas les difficultés que nous venons de signaler. Commençons par expliquer, suivant lui, le froid qui congèle l’eau, et la cause en vertu de laquelle un grêlon, qui a déjà acquis un certain volume, reste suspendu encore dans l’air assez longtemps pour arriver à un volume qui va quelquefois jusqu’à io ou 12 pouces de circonférence. Le froid excessif qui parvient à congeler les molécules aqueuses en été, au beau milieu du jour, dans une région inférieure à celle des neiges, est le résultat d’une évaporation extrêmement rapide et abondante, produite par les rayons du soleil qui frappe la partie supérieure. Celte évaporation est d’autant plus rapide, que l’air est plus raréfié et plus

degré l’évaporation. D’après cela, une portion du nuage, en se vaporisant, abaisse assez la température de l’autre portion pour la congeler.

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