‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 108 sur 216 · I 54 THÉORIE HE VOLTA · texte numérisé non relu

I 54 THÉORIE HE VOLTA

ment électrisé soit congelé presque subitement à la face supérieure, par suite d’une très-grande évaporation, il en résultera alors une multitude de petits glaçons, qui seront les noyaux des grains de grêle. Ces noyaux, rejetés en haut par la forte répulsion électrique du nuage, seront tenus suspendus à une certaine distance, de la même manière qu’un flocon de coton ou tout autre corpuscule léger est tenu suspendu dans l’air au moyen d’un tube de verre électrisé qu’on place au-dessous. C’est ainsi que, si l’on place ces petits corps sur un large plateau isolé et horizontal, on peut, en l’électrisant fortement, les voir s’élever dans l’air et s’y soutenir aussi long-temps que le plateau reste électrisé. Telle est l’image de la grêle. Si cette comparaison est exacte, il faut que les grains de grêle exécutent, à mesure qu’ils deviennent plus gros, les mêmes mouvements que les corpuscules légers soumis à l’action du plateau électrisé. Aussi, d’après Vol ta, ces grains oscillent au-dessus du nuage fortement électrisé, et tombent successivement, en vertu de leur propie poids, quand ils ont perdu leur électricité; ils arrivent alors à la partie élastique du nuage, ou ils prennent de l’électricité et sont chassés de nouveau; ceux qui ne peuvent surmonter Sa force de leur chute tombent à terre. Ce sont ces grains rares et solitaires qui s’échappent çà et là, et précèdent la grêle abondante qui va bientôt tomber. Le mouvement et la suspension des autres grains qui voltigent au-dessus du nuage diminuent à mesure que leur masse individuelle s’accroît par l’adjonction de nouvelles couches d’eau glacée et que la force de l’électricité diminue; il arrive ensuite un instant où, entraînés par leur propre poids, ils tombent en abondance sur la terre.

Volta a senti la nécessité, pour compléter son explication, de supposer l’existence de deux ou plusieurs nuages l’un au-dessus de l’autre, électrisés contrairement. Dans ce cas, on peut se représenter les grains de grêle non-seulement comme suspendus et flottants, mais encore comme se trouvant dans une vive agitation,

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