CHAPITRE PREMIER. jgl
vie en général, ainsi que sur les phénomènes du règne inorganique, mais nous pensons que l’on n’a pas suivi jusqu’ici la route la plus convenable pour découvrir jusqu’à quel point ce fluide favorise ou retarde en général l’action des forces vitales. Ce singulier agent, qui semble se montrer partout comme un principe universel , puisqu’il est essentiel à la constitution des corps, réagit de deux manières sur les parties qu’il traverse: il y produit des commotions ou des réactions chimiques. Dans le premier cas, il détermine entre toutes leurs particules des décompositions et recompositions de fluide naturel, qui sont accompagnées d’un déplacement de ces memes particules, lequel est d’autant plus grand que la source d’électricité est plus abondante. Si elle est très-forte, et que les parties constituantes, les tissus ou les vaisseaux offrent peu de résistance, il y a alors déchirement, désorganisation. Si elle est faible, au contraire, il en résulte un état d’excitation capable de faire sortir les organes de l’état d’atonie oli ils peuvent se trouver. Ce mode d’action ne peut être, assimilé en rien aux forces vitales qui engendrent une foule de réactions chimiques; les effets produits dans cette circonstance sont mécaniques et par conséquent très-bornés.
Quant au rôle que joue l électricité comme force chimique, les effets varient également en raison de l’intensité des courants. Avec des courants énergiques, les corps sont désorganisés, tandis qu’avec de faibles courants on produit de nombreuses réactions chimiques, dont il est difficile de se rendre compte à priori , en raison de l’état composé des corps organisés. En effet, quand nous voulons agir sur une partie quelconque d’une plante, nous ne pouvons éviter l’action qui a lieu sur les parties adjacentes; dès lors il en résulte un effet général, dans lequel il est difficile d’apercevoir l’effet particulier produit sur la partie que l’on soumet à l’expérience.
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I Ô2 DE l’eXCITABIL. PROD. DANS LES PLANTES, ETC.
§ IL De V excitabilité produite dans les plantes par
les couvants électriques. '
820. Les végétaux sont infiniment moins excitables que les animaux sous l’influence de féleetrieilé ; quelques espèces possèdent seulement cette faculté, comme le lecteur pourra s’en convaincre par les expériences suivantes.
Nous commencerons par faire remarquer que les végétaux, et en général tous les corps organisés, ne conduisent l’électricité qu’en raison des liquides dont ils sont imprégnés, car ils cessent de lui donner passage dès l’instant que toutes leurs parties sont desséchées. Nous ignorons, à la vérité , si, sous l’action des forces vitales, certains organes ou tissus diffic îles à isoler ne jouissent pas par eux-mèmes de la propriété conductrice; propriété qui disparaîtrait peu de temps après la mort. Aucune expérience n’a encore été faite à ce sujet.
Les phénomènes de contraction, produits dans les animaux par l’action de l'électricité , portent à croire, comme nous le verrons plus loin, que les nerfs paraissent posséder des propriétés indépendantes du liquide qui les pénètre, il pourrait donc se faire que, dans les végétaux, il se trouvât pareillement des organes doués de facultés semblables.
Giulio, de Turin, ayant armé les branches de la mimosa sensitiva en deux endroits différents avec des feuilles d’étain ou de plomb un peu épaisses, fit passer une bande plus mince de l’un de ces deux métaux sur les muscles qui se trouvent dans la partie inférieure des articulations communes des feuilles, et sur ceux par faction desquels les divisions des feuilles et les folioles se ferment. Le lendemain de cette préparation , les feuilles étant épanouies, il fit communiquer les armatures sans l’intermédiaire de la pile, et elles n’éprouvèrent aucune contraction; mais il n’en fut pas de meme quand une pile de 00 couples faisait partie du circuit