‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 115 sur 216 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

pendant quelque temps: les feuilles latérales, sur les muscles desquelles passait une petite bande de l’armature, se repliaient souvent à l'instant meme ou Ton fermait le circuit. Les deux folioles de la plante se fermaient assez fortement deux minutes après que le circuit électrique avait été établi ; celles des feuilles latérales qui n'avaient point été armées restaient immobiles. La pile fonctionnant toujours, les feuilles armées continuaient à se fermer. Ces expériences prouvent que les muscles des feuilles de la mimosa sensitiva et de ses folioles sont excitables par l’action du courant électrique, quand il a une certaine énergie.

. La mimosa pudica , armée de la meme manière, a donné les résultats suivants : une minute après que la communication eut été établie avec la pile, les feuilles, surtout celles qui étaient armées, se plièrent sur leurs branches ; ensuite , à différents intervalles , d’autres feuilles çà et là dans plusieurs parties de la plante.

Il paraît donc que la communication des armatures, sans l’intermédiaire de la pile, est insuffisante pour produire les contractions; que le courant provenant de la pile qui passe par les branches et les feuilles, produit des contractions, lesquelles sont lentes, successives, séparées par des intervalles considérables; tandis que dans les animaux, comme nous le verrons plus tard , elles sont instantanées et violentes. Cette différence prouve que les muscles et les nerfs dans les animaux sont infiniment plus excitables que les tissus végétaux; dans ceux-ci, le fluide électrique ne pénètre et ne circule qu’avec peine, et après avoir vaincu une certaine résistance.

Giulio a cherché aussi si de semblables effets n’étaient pas produits dans les plantes oii l’irritabilité est moins prononcée que dans les mimosa sensitiva et pudica, telles que la mimosa as per ata , par exemple. Il a trouvé, en opérant de la même manière, que l’irritabilité des nœuds, de ses feuilles et de ses folioles, est beaucoup moindre que dans les deux espèces précéden-

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