CHAPITRE PREMIER. I
boue, rend libre de l’électricité positive, et le carbone de l’électricité négative, et que des effets contraires sont produits quand le meme acide est décomposé; si l’orf remarque, en outre, que les deux électricités dégagées dans la réaction de deux corps, quand l’un des corps n’est pas expulsé hors du végétal, se recombinent aussitôt qu’elles sont séparées, en suivant les meilleurs conducteurs qui se trouvent sur leur passage, ne doit-on pas en conclure que l’électricité que l’on peut recueillir , dans les diverses phases de la végétation , provient de causes tellement nombreuses qu’il est bien difficile de déterminer au juste quelles sont celles qui ont eu le plus de part à sa production?
La question du dégagement de l’électricité devient moins complexe, quoiqu’elle présente encore des difficultés, lorsque l’un des corps est chassé du végétal par l’acte de la végétation. Quelques physiciens ont essayé d’en donner une solution , et en particulier M. Pouiilet ( 1 ) qui a fait, à ce sujet, les expériences suivantes :
Ce physicien ayant pris douze capsules en verre, de 8 à 10 pouces de diamètre, recouvertes entièrement de vernis à la gomme laque, il les plaça sur deux rangs, à coté l’une de l’autre, sur une table de bois recouverte du meme vernis. Les ayant remplies de terre végétale, il les fit communiquer toutes ensemble par des fils de métal, qui se rendaient de l’intérieur de l’une dans l’intérieur de l’autre, et il établit aussi la communication entre le plateau supérieur d’un condensateur avec l’une des capsules, tandis que le plateau inférieur communiquait avec le sol ; puis il sema dans la terre des capsules diverses graines. Pendant les deux premiers jours les graines se gonflèrent et les germes sortirent de leur enveloppe d’environ une ligne; le condensateur ne donna aucune trace d électricité. Quand les germes furent sortis de terre, en enlevant le condensateur, 1 écartement des lames d’or
(1) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxxv, p. 4*4-
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indiqua la présence de l’électricité négative; cette électricité étant fournie par les capsules, M. Pouillet en a tiré la conséquence que, pendant l’action de l’oxigène de l’air sur les cotylédons, les gaz qui se dégagent emportent l’électricité positive et laissent l’électricité négative à la jeune plante. Quelques heures lui suffirent pour renouveler la même expérience. Le lendemain, les résultats furent sensibles; il en fut de même la nuit, quoique l’action fût différente en raison de l’absence de la lumière. Ainsi donc, que la plante ait été éclairée ou non, que la température ait changé, la terre des capsules a toujours transmis au condensateur l’électricité négative. Cette expérience, suivant M. Pouillet, ne peut bien réussir que par un temps sec, attendu que si le temps est humide, les capsules le deviennent également, et l’électricité dégagée se dissipe dans l’espace. On évite cet inconvénient en répandant une assez grande quantité de chaux vive dans l’appartement ou l’on opère. Il a observé que la végétation du blé, des graines de cresson alénois, de giroflée de Mahon , de luzerne, a donné constamment, pendant dix ou douze jours, les mêmes résultats.
Le même physicien a remarqué que, lorsque la végétation est commencée depuis trois ou quatre jours, si l’on met le condensateur en expérience pendant une seconde seulement, il se charge aussitôt. 11 a attribué avec raison cet effet à ce que la terre des capsules devenant, en se desséchant, un conducteur imparfait, retient pendant quelques instants une portion de l’électricité dégagée, laquelle électricité sert à charger le condensateur à plusieurs reprises.
Pour interpréter ces résultats, il faut se rappeler que, dans la germination, il se produit un phénomène analogue à celui de la combustion, puisqu’une portion du carbone de la graine se combine avec l’oxigène de l’air: les effets électriques doivent donc être les mêmes dans l’un et l’autre cas: or, nous savons que le charbon, en brûlant, prend l’électricité négative, et l’oxigène l’élec-