‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 119 sur 216 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

tricité positive, qui est transmise à l’acide carbonique; la graine rendra donc libre un excès d’électricité négative , et le gaz acide carbonique un excès d’électricité contraire, qui se combinera immédiatement avec le premier, si le gaz ne sort pas immédiatement de la terre. Mais nous savons que ce gaz, dans les premiers temps de la végétation, reste engagé plus ou moins de temps dans la terre; il doit donc y avoir recomposition des deux fluides dégagés. En général , quand deux corps se combinent ensemble, on ne recueille une portion des deux électricités dégagées qu’autant que l’on trouve le moyen de s’en emparer à l’instant où elles deviennent libres. On ne peut donc avoir, à la rigueur, des signes d’électricité pendant la germination, qu’autant qu’il se dégage, à travers les interstices de la terre, une portion du gaz acide carbonique qui résulte des élaborations produites dans la graine.

L’effet obtenu par M. Pouiîlet ne peut être attribué qu’à cette cause, si toutefois il n’existe pas d’autres causes productrices de l’électricité. Or, comment se fait-il que, lorsque la jeune plante est complètement développée et que le Travail de la germination est achevé, les effets électriques soient les mêmes la nuit que le jour ? nous savons cependant qu ils doivent être différents, puisque dans lejourily a décomposition de l’acide carbonique absorbé, tandis que pendant la nuit une portion de l’oxigène est transformée en acide carbonique qui est exhalé. Cette objection n’est pas la seule qui tende à infirmer les résultats ci-dessus mentionnés : par exemple, l’évaporation de l’eau qui se trouvait dans la terre des capsules a dû dégager aussi de l’électricité dont la nature dépendait de celle des substances dissoutes; dès lors on reste dans l’incertitude sur la cause productrice de l’électricité qui se trouve accumulée sur le conducteur.

Quant aux racines, elles* paraissent jouer un rôle purement passif; leurs spongioîes absorbent des matières dont la nature ne dépend pas des besoins de la plante, mais de la faculté dont jouissent les liquides d’être

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absorbés. Ceux-ci nes’infiltrent dans le tissu cellulaire des spongioles qu’en vertu d’effets d’hygroseopicilé et de capillarité qui donnent naissance à des effets électriques que nous avons fait connaître, et qui ne doivent pas être pris ici en considération.

Si l’on remarque encore que les débris, de corps organiques qui se trouvent dans la terre, se décomposent au contact de l’air et donnent naissance en même temps à de l’acide carbonique et à des effets électriques semblables à ceux de la décarbonisation de la graine, n’est-il pas permis de conclure, de toutes ces observations, que l’électricité recueillie par M. Fouiliet n’a pas une origine bien constatée, et qu’il est très-difficile, en général, d’assigner à l’électricité qui est dégagée dans la végétation la véritable cause de sa production?

§ IV. Tentatives jaites pour démontrer V influence de i’ électricité libre sur la germination.

823. Bertholon et Jalabert ont avancé que les graines électrisées lèvent plus promptement et en plus grand nombre dans un temps donné que celles qui ne le sont pas, et que l’accroissement des plantes électrisées se fait aussi plus promptement. D’un autre coté, plusieurs autres savants, parmi lesquels nous citerons Troots-Witz, Sennebier et M. de Candolle, n’ont aperçu aucune accélération sensible dans la végétation des plantes électrisées. L’influence de l’électricité libre sur la germination est donc encore un point controversé dans la science. Voyons les faits qui sont favorables ou non à l’influence de lélectricité libre sur la germination et la végétation.

82.4. Ingenbouzs (1) ayant semé des graines de moutarde sur des tranches de liège, épaisses de 3 lignes et enveloppées de papier josepli, qui flottaient sur de l’eau dans un vase, plaça deux de ses petits appareils dans

(1) Journal de Phys., février et décembre 1785, et mai 1788.

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des jarres électriques, ou grandes bouteilles de Leyde, et établit une communication métallique entre l’eau des vases et la garniture intérieure des jarres, qu’il électrisa positivement. A mesure que la charge s’affaiblissait, il redonnait de l’électricité à la jarre, de sorte que les semences se trouvaient constamment dans une atmosphère électrique pendant plusieurs jours et plusieurs nuits. Deux autres appareils, préparés de la même manière, ne furent pas électrisés. Les graines germèrent également dans toutes les jarres, qu’elles fussent électrisées ou non, et parvinrent à la hauteur de 3 pouces, sans qu’on pût apercevoir la moindre différence dans leur végétation.

Deux jarres ayant été électrisées intérieurement, l’une positivement et l’autre négativement, la végétation s’y développa au même degré dans l’une et dans l’autre. Ces expériences ayant été variées de diverses manières, conduisirent toujours aux mêmes résultats.

Ingenliouzs se prononça donc en faveur de la non influence de l’électricité libre sur la végétation. Cet habile observateur a cru devoir attribuer les erreurs où sont tombés les physiciens, relativement à l’influence de l’électricité sur les plantes, à ce qu’ils n’ont pas tenu compte de circonstances importantes, telles que la présence d’une lumière plus ou moins vive, de celle de l’eau , etc.

8a5. Citons maintenant quelques-unes des expériences qui sont en opposition avec celles que nous venons de rapporter.

Cannois ( i ayant pris trois vases cylindriques semblables de fer-blanc, et remplis de la même terre, sema, dans chacun d’eux, trois grains de froment tirés du même épi. Deux de ces vases furent placés, comme l’avait faitlngenhouzs, dans deux jarres électriques isolées, l’une possédant. intérieurement de l’électricité positive, l’autre de l’électricité négative. 11 eut l’attention également de re-

(1) Journal de Phys., t. xxxiii.

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