EFF. DE LACT. ÉLECTRO-CHIM. SUR LES, ETC
charger les jarres à mesure que l’électricité s’échappait. Le vingt-troisième jour de semaille, les trois tiges électrisées négativement avaient 3 pouces 6 lignes de hauteur; les 3 tiges électrisées positivement, 2 pouces 2 lignes; les 3 tiges non électrisées, 1 pouce 7 lignes.
Dans une autre expérience, les premières avaient 5 pouces 4 lignes; les trois secondes, 3 pouces 5 lignes, et les troisièmes encore moins . Ces résultats semblent donc prouver l’influence de l’électricité négative sur le développement de la germination. Bertholon et autres ont avancé que des oignons de jacinthe électrisés augmentent plus en feuilles et en tiges que ceux qui ne le sont pas; que les fruits électrisés, comparés à ceux qui .ne le sont pas, sont de meilleur goût et parviennent plus tôt à leur maturité; que l’électricité accélère l’apparition des couleurs végétales; qu’elle leur donne plus d’énergie et plus d’éclat; et que les feuilles des plantes électrisées ont un plus beau vert que celles qui ne le sont pas.
Nous ne voyons là que des assertions qui ne reposent sur aucun principe de la science; pour en discuter le mérite, attendons que nous ayons exposé les phénomènes relatifs à l’action de l’électricité en mouvement sur les végétaux pour savoir jusqu’à quel point l’électricité, en mouvement dans les végétaux, peut réagir sur les fonctions organiques.
§ IV. Des effets de V action chimique des courants sur les principes immédiats des plantes.
826. Avant de montrer comment un courant électrique, fonctionnant sans interruption, agit sur les graines et les plantes, quand son intensité n’est pas suffisante pour les désorganiser, nous devons indiquer les effets qu’elles éprouvent, ainsi que leurs principes immédiats, quand on les soumet à l’action de forces électriques capables de les décomposer.
Davv ayant soumis à l’action d’une pile de 1 5o paires
CHAPITRÉ PREMIER. j^3
de disques, pendant 5 jours (i), une feuille de laurier, cette feuille prit la même apparence que si elle avait été exposée a une température de 5 à 600 degrés Fahrenheit. Elle devint brune et grillée; la matière colorante verte, ainsi que la résine, l’alcali et la chaux, avaient été transportés du coté négatif, tandis que le vase positif renfermait un liquide clair, ayant l’odeur de la fleur de pêcher, et qui, neutralisé par la potasse, et essayé par la solution de sulfate de fer, donna la réaction propre à l’acide hydrocyanique.
Ayant employé une plante de menthe, dans un état vigoureux de végétation, comme moyen de communication entre les deux extrémités d’une batterie en contact avec de l’eau pure, Davy trouva, 10 minutes après, dans l’eau électrisée négativement, de la potasse et de la chaux, et dans l’eau électrisée positivement une substance acide, qui précipitait par les solutions de chlorure de barium, de calcium et de nitrate d’argent. Après cette expérience, la plante reprit son état ordinaire; mais il n’en fut pas de même après qu’elle eut été exposée a l’action de la même batterie pendant quatre heures, elle se flétrit et mourut. Ces faits prouvent donc que les pouvoirs électriques de décomposition agissent sur les plantes vivantes comme sur les corps inorganiques, c’est-à-dire, qu’ils peuvent vaincre l’action des forces vitales comme celle des affinités , pour transporter aux extrémités de la pile les principes électro-positifs ou électro-négatifs.
827. O11 peut employer l’action des courants comme moyen d’analyse chimique, à l’égard de la coque du Levant, comme l’ont fait MAL Pelletier et Couerbe (2), pour déterminer les principes immédiats des substances végétales. Ces deux chimistes, voulant étudier les propriétés de la pierotoxine, un de ses principes constituants, ont commencé par chercher si ce corps, dans sa
(1) Annal, de Chim., t. lxiii. p. 260 et suiv.
(2) Annal, de Ch. et de Phys., t. liv. p. 178.
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combinaison avec les alcalis, se comportait comme un acide. A cet effet , ils ont soumis une solution de picrotoxate de potasse à l’action d’une pile de trente éléments. Ap rès une demi-heure d’expérience, la picrotoxine s’est montrée au pôle positif, sous forme d’une belle cristallisation en aiguilles, tandis que la partie de l’appareil qui correspondait au pôle négatif, ne contenait plus que de la potasse en solution dépouillée de toute amertume. Il est prouvé par là que réellement, dans la combinaison avec les alcalis, la pirotoxine joue le rôle d’acide. MM. Pelletier et Couerbe ont cherché encore si la picrotoxine, comparée aux diverses matières organiques, devait sortir du rang des alcaloïdes pour être classée parmi les acides organiques. Pour résoudre cette question, ils ont examiné l’action de la picrotoxine sur les bases salifiables végéta les. Ils ont en conséquence soumis à l’action d’une pile formée de 80 paires de plaques, dans un tube recourbé en Y, une solution de picrotoxate de brucine. Celle-ci a été promptement décomposée ; la picrotoxine s’est rendue au pôle positif et y a formé une belle cristallisation radiée, tandis que la brucine s'est déposée au pôle négatif en cristaux grenus. En outre, la couleur brune que la brucine prend au contact de l’acide nitrique concentré s’est aussi développée sous l’action du courant au pôle positif. Ce fait, que l’on peut reproduire en agissant sur la brucine seule comme sur les sels, est indiqué par eux comme un moyen de distinguer la brucine de la morphine, qui rougit par l’acide nitrique et non par la pile. La combinaison de la picrotoxine avec les autres alcalis végétaux donne les mêmes résultats. On voit donc qu’au moyen de l’électricité voltaïque on prouve que fa picrotoxine joue le rôle d’un acide dans les circonstances ou nous la considérons. Pour savoir dans quel état les alcalis organiques existent dans les végétaux, et s’ils s’y trouvent tout formés et combinés avec les acides, ou bien s’ils n’y sont pas tout formés, ils ont soumis à l’action de la pile une solution d’opium* cà l’instant même des flocons nombreux se sont agglomérés en
petites masses grenues au pôle négatif, et dés flocons plus rares et plus légers au pôle positif. La matière rassemblée au pôle négatif ayant été dissoute dans l’alcool et la liqueur évaporée spontanément, on a obtenu des cristaux brillants de morphine pure, reconnaissable à tous ses caractères. La matière rassemblée au pôle positif, d’un blanc jaunâtre, rougissant le tournesol et les solutions de peroxide de fer, possédait tons les caractères propres â l’acide méconique. Comme, dans cette expérience, on n’a employé ni acide ni alcali, on a dû en conclure que la morphine existait toute formée dans l’opium. Il est hors de doute que l’on peut se servir du même moyen pour découvrir, dans les substances animales et végétales, la nature des principes immédiats qu’elles renferment.
828. Dans les expériences précédentes, on a employé des forces électriques d une certaine énergie; mais on peut arriver aussi à retirer des mêmes substances quelques-uns de leurs principes constituants, en se servant seulement d’un seul couple voltaïque, dont l’action, convenablement dirigée, possède une grande force. Lorsqu’un disque cuivre-zinc est plongé dans de l’eau distillée, l’altération du dernier métal est très-lente et le courant électrique qui en résulte peu énergique. La mauvaise conductibilité de l’eau contribue encore à atténuer la force du courant. Supposons que ce disque soit placé horizontalement, sur un petit support vertical en verre, dans un vase rempli d’eau distillée, la face cuivre en dessus et la face zinc en dessous. Plaçons sur la première une bande de papier joséph , sur laquelle on répand de l’amidon; douze heures après, du papier tournesol faiblement rougi par les acides , est ramené au bleu quand on le met en contact avec l’amidon. En continuant l’expérience et recherchant l’alcali qui est transporté au pôle négatif, on trouve que c’est de l'a soude seule sans potasse. Il est facile de montrer comment il se fait que des forces qui paraissent aussi faibles pendant l’oxidation du zinc, soient suffisantes pour opérer en partie la
si
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décomposition de l’amidon et en retirer de i’alcali. Cette substance éprouve, comme on sait, au contact de l’air, des changements qui rendent momentanément à ses éléments les états électriques qui leur sont propres; ces éléments se trouvent par conséquent dans une circonstance favorable pour obéir à Faction du couple voltaïque, qui tend à décomposer les corps soumis à son influence. Des lors l’alcali renfermé dans l’amidon est transporté sur le cuivre et l’élément électro-négatif sur la face zinc.
829. On opérant avec de la gomme arabique au lieu de fécule, 011 trouve encore, après 12 heures d’expériences, sur la face cuivre, de i’alcali. L’eau de gomme éprouve, à la vérité, une altération excessivement faible de la part de l’eau et de l’air, mais il est présumable que cette altération doit augmenter quand elle se trouve sous l’influence d’un courant électrique.
830. De l’opium du commerce qui rougit, comme on sait, le papier tournesol, placé sur la face cuivre, avec une petite quantité de sucre, pour déterminer la fermentation, donne également la réaction alcaline.
Ces faits prouvent (pie des courants électriques, provenant d’un seul couple voltaïque, réagissent sur les substances végétales, de manière à isoler quelques-unes de leurs parties constituantes, surtout quand elles se trouvent dans un état de fermentation ou de décomposition qui rend momentanément à leurs parties leurs facultés électriques propres. C’est dans ce mode d’action que l’on peut trouver le secret de l’influence que peuvent exercer les courants électriques sur la germination et les autres actes de la végétation.
§ YI. Application des principes précédents ci la germination des graines et à la nutrition des jeunes plantes .
83 1. Les graines que nous avons soumises à l’expé