‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 123 sur 216 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

nous ont paru les plus simples : on forme un cadre avec quatre petites lames de cuivre que l’on incline, sur lequel on place la bulbe, de manière que la couronne qui environne les racines soit immédiatement en contact avec le métal. On dispose également un autre cadre avec quatre lames de zinc, sur lequel on place une autre bulbe semblable à la première. Ces cadres sont adaptés à des supports dans un vase rempli d’eau, contenant un millième de son poids de sel marin, et mis ensuite en communication au moyen d’un fil de cuivre. A coté, on dispose deux autres cadres formés avec des petits tubes de verre, sur lesquels on pose deux bulbes semblables; le tout est abandonné aux actions électro-chimiques et aux actions spontanées, en ayant l’attention de temps à autre de nettoyer les cadres métalliques et d’ajouter de l’eau pour remplacer celle qui s’évapore. Au bout de quelques jours, on commence à voir que la bulbe qui est en contact avec le cadre négatif prend l’avance sur les autres, tandis que celle qui repose sur le cadre positif est sensiblement en arrière.

Au lieu de placer les bulbes sur des petits cadres métalliques, on peut envelopper les unes d’une feuille d’étain et les autres d’une feuille de platine, en laissant à découvert les parties par lesquelles sortent les racines et la tige. les bulbes ainsi préparées sont placées, après qu’on a mis en communication les deux métaux, sur des supports de verre, dans de l’eau renfermant une trèspetite quantité de sel marin. En opérant sur des bulbes de crocus qui avaient été recouvertes de feuilles de clinquant au lieu de feuilles d’étain, les racines et les feuilles ont été atrophiées, les fleurs seules ont paru. La couronne d’oîi partent ordinairement les racines avait été désorganisée et l’on n’apercevait plus que des cicatrices.

838. Si l’action d’un seul couple voltaïque est suffisante pour retirer des graines ou des plantes les alcalis quelles renferment, il est probable quelle leur enlève aussi d’autres éléments, dont il est bien difficile de constater la nature. Cette soustraction d’éléments doit influer

I&2 K FF. I)E l’ÉLEC. VOLT. A FORTE TENS. , ETC.

d’une manière quelconque sur le développement des Organes et sur la nutrition de la plante.

83c). Quant aux effets inverses produits sur les laines de zinc et de cuivre non soudées, il est facile de s’en rendre compte : le zinc, au contact de l’eau, s’oxide, mais moins que lorsqu’il est en contact avec le cuivre; absorbant moins d’oxigène, il est naturel (pie la végétation s’y développe mieux que lorsque ce métal est en contact avec le cuivre. Le cuivre, au contraire, ne se trouvant plus dans un état négatif, s’oxide, faiblement à la vérité; mais comme ses produits sont nuisibles à la végétation, il s’ensuit que les racines qui reposent dessus sont exposées à des actions tout à fait différentes de colles qu’elles éprouvent quand ce métal est en communication avec le zinc.

840. Il nous est impossible d’en dire davantage touchant l’action des faibles courants électriques sur là germination; mais nous pensons que les faits que nous venons d’exposer seront prison considération par les physiciens qui voudront appliquer 1 électricité à la physiologie en général.

§ VIL Ejfets de l'électricité voltaïque à folie tension au/' la germination et la végétation.

Davy est le premier qui ait étudié Faction de l’électricité voltaïque à forte tension sur la germination. Mous rapportons ici textuellement le passage dé ses Éléments de chimie agricole (j), dans lequel il fait connaître ses vues et ses observations à cet égard :

« Des variations électriques ont constamment lieu à t r la surface de la terre et au sein de l’atmosphère, mais « on 11’a pas encore bien examiné l'influence qu elles « exercent sur les végétaux. Des expériences faites àu « moyen de la pile voltaïque ont démontré que les eôm*

(1) Tome Ier, p. 44. Traduction française.

Page 1