CHAPITRE PREMIER . l
se combinant avec l’acide carbonique de l’air, finit par ne plus exercer aucune action sur la végétation. Cette expérience prouve que l’emploi des fortes piles voltaïques est nuisible à la végétation; car, si au pôle négatif l’alcali concourt h activer l’action des forces vitales, il en résulte un effet contraire quand il est en quantité suffisante pour désorganiser les racines.
§ VIII . La graine et la plante se comportent comme le pôle négatif cl'un appareil voltaïque.
844- Les graines, avons-nous dit, exigent pour germer trois conditions indispensables, de l’eau, de l’oxigène et de la chaleur. L’eau délaie les matières contenues dans la graine et les rend propres à être transportées dans les diverses parties de la plantule; l’oxigène enlève une portion du carbone de la matière amylacée pour la faire passer à l’état de gomme et de sucre : la quantité qui disparaît se retrouve dans l’air ou dans l’eau. La chaleur agit enfin comme excitant. Le travail de la germination étant très-complexe , les effets électriques qui en résultent doivent l’être également. Nous voyons bien une décarbonisation de la graine, mais celle-ci laisse-t-elle échapper d’autres corps que l’acide carbonique? Examinons ce point pour savoir si la graine ne se comporterait pas comme le pôle négatif d’une pile qui attire les bases et chasse les acides.
Pour reconnaître si réellement il sort de la graine pendant la germination un acide autre que l’acide carbonique, il faut s’emparer de cet acide aussitôt qu’il devient libre et avant qu’il ait pu réagir sur les corps avec lesquels il se trouve en contact. Nous nous sommes servi a cet effet de deux moyens; le premier consiste à prendre des bandes de papier tournesol que l’on applique sur les parois intérieures de verres à pattes dans lesquels on place les graines avec une quantité d’eau suffisante pour qu’elles puissent germer. Celles que nous
f 86 LA. GRAJNE ET LA PLANTE SE COMPORTENT, ETC.
avons soumises à l'expérience ont coloré plus ou moins en rouge le papier tournesol après un temps plus ou moins long qui dépendait du travail de la germination-» Voici les résultats que nous avons obtenus sur un certain nombre de prairies :
la coloration commencé au bout d’une
Froment ! heure; douze heures après elle est
' Lien prononcée.
Oraminees j Seigle j un peu moins.
j Orge j actionintermédiaireeutreles précédeuts.
Avoine | action semblable à celle du seigle.
- Lentille ! \
1 Pois (la réaction ne commence j
| Haricots i qu’au bout de 90 heures. I la coloration
Légumineuses. . , Pois de senteur. . . ] > est bi en
rr, -n ) . I prononcée,
i relie /la réaction commence as- I 1
Luzerne j sez promptement.
i Moutarde blanche. \
l Moutarde noire.. . i .
^ , Cresson alcnois. . . ( la cnlorat,ot? commence assez prompte*
Gruciferes . . . . % . > ment ; au bout de douze heures elle est
i c|1(M| i très-pruuoucée.
> Giroflée J
~ . j Plusieurs espèces i ,
Chicoracees, . . f de laitue ( c°'0raticm prononcée.
' . i Caiotte i au bout de vingt-quatre heures coloration
Ombelliferes. . j persil j asse, faible.
Conifères c*"’ j coloration très-forte.
oapiu • • • ••••»•• j
CtTOüRBiTAcÉEs . | Melon [ coloration bien prononcée.
Linées. . ... . . . j Lin.. . J coloration Lien prononcée.
Après vingt-quatre heures, les graines de poireau, d’oignon et de betterave n’avaient pas modifié sensiblement la couleur bleue, mais au bout de quatre jours la coloration en ronce a commencé. Les tubercules de
pomme de terre et d’anémone posés sur du coton humide et en contact avec du papier tournesol ont coloré celuici légèrement en rouge; les bulbes d’iris l’ont co'oré fortement. Les expériences ont été faites à une température de 8° Réaumur.
La réaction a également lieu, mais dune manière moins sensible, lorsque les bulbes ont de fortes racines.