‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 128 sur 216 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

voulant augmenter ou diminuer l’oxidation d’un métal par l’action de l’eau , on Je met en contact avec un autre métal moins ou plus oxidable que lui.

§ IX. De V action présumée de V électricité atmosphérique sur les végétaux en général.

84 5. Les faits que nous avons exposés dans les para» graphes précédents ont suffisamment prouvé que les graines et les végétaux peuvent être assimilés, jusqu’à un certain point, au pôle négatif d’un appareil voltaïque, puisque, par l’effet des forces vitales, dont nous ignorons la nature, ils expulsent les acides et retiennent les bases. Très-certainement on ne doit pas supposer que les plantes forment chacune un appareil électrique; mais il y a des raisons pour croire qu’il pourrait bien se faire qu’en vertu des diverses élaborations qui s’opèrent continuellement dans leurs organes, il existât un certain nombre de ces petits appareils dont Faction cesse dès l’instant que la vie s’éteint. S’il en est ainsi on conçoit qu’en se servant d’un appareil électrique on puisse réagir sur certains organes des plantes de manière à contrarier ou à favoriser l’action des forces vitales.

85o. Un végétal, comme nous l’avons vu, pouvant être assimilé au pôle négatif d’un appareil voltaïque, il faut disposer les choses, quand on le soumet à Faction de l’électricité, dans le but défa voriser celle des forces vitales, de manière à accroître son état négatif. Pour remplir ce but, il faut avoir recours au mode d’action chimique de l’électricité libre. Prenons une bande de papier tournesol et une autre de curcuma, humectées d’une solution de sulfate de soude et unies par un de leurs bouts; si un Fil de métal, communiquant avec le conducteur d’une machine électrique qui fournit de l’électricité positive, est mis en communication avec le papier tournesol, et qu’un autre fil de métal, communiquant au sol, soit mis en rapport avec le papier de curcuma, quelques tours de

IQO DE Va CT. PRÉSlfM. DE l’ÉLEC. ATMOSPH., ETC.

la machine suffisent pour montrer que les papiers à réactif éprouvent les mêmes effets de coloration que ceux qui sont produits par la pile. Si l’on enlève la pointe négative de l’appareil et le papier de curcuma, en laissant le conducteur positif en contact avec le papier de tournesol , et que l’on touche ce dernier avec un conducteur humide que l’on tient à la main, le sel est encore décomposé. Le résultat est encore le même quand le bout du fil humecté, au lieu d’être tenu clans la main , est suspendu dans l’air au moyen d’un tube de verre : on retrouve toujours de l’acide à la pointe positive. Cette expérience prouve que 1’élement électro-positif se réfugie vers l’autre extrémité du corps soumis à l’action de l’électricité, de sorte que l’air agit ici comme un pôle. Nous devons encore à M. Faraday, qui a obtenu ces résultats , d’autres observations d'un grand intérêt, qui ont ici une application immédiate : il a produit des décompositions sans employer des conducteurs métalliques; dans ce cas, les deux pôles sont formés par l’air seulement. On prend à cet effet un morceau de papier de curcuma et un morceau de papier tournesol taillés en pointe et trempés l’un et l’autre dans unesolution de sulfate de soude; puis on les met en contact par une de leurs pointes, tandis que les deux autres pointes sont placées à peu de distance de deux conducteurs métalliqeus, l’un en communication avec le conducteur de la machine et l’autre avec la terre. Il suffit de tourner la machine pendant quelques instants pour obtenir des traces de décomposition, La pointe du papier tournesol qui se trouve en présence du conducteur positif, manifeste la réaction acide, et la pointe du papier de curcuma en présence de l’autre conducteur la réaction alcaline. En considérant les deux bandes de papier comme constituant un conducteur indépendant de la machine, on voit que l’acide se manifeste à l’extrémité négative et l’alcali à l'extrémité posi ive. Cet effet, est facile à expliquer: dès l’instant que l'électricité positive débouche dans le liquide, elle emporte avec

elle l’alcali qui exerce sa réaction aussitôt qu’il atteint le papier de curcuma. L’electricité négative agit de même par rapport a l’acide.

85 1. Les expériences que nous venons de rapporter sont, sans aucun doute, d une grande importance pour concevoir le mode d’action que l’électricité atmosphérique peut exercer sur les corps renfermant des liquides, qui se trouvent sur la surface de la terre. Nous avons démontré que l’atmosphère et la terre se trouvent toujours, dans les temps sereins, dans deux états électriques différents, et qu’il s’opère continuellement entre elles des décharges électriques plus ou moins fortes, lesquelles s'effectuent par l’intermédiaire des montagnes, des plantes et des animaux. Dès lors les corps organisés se tiouyent dans les mêmes circonstances que le papier tournesol et le papier de curcuma dans l'expérience précédente; et les mêmes effets doivent être reproduits: il en résulte une suite de décompositions et de recompositions chimiques qui contrarient ou favorisent faction des forces vitales , suivant le sens dans lequel elles s’exercent. On ne doit pas considérer ce que nous avançons là comme une conjecture, c’est une conséquence rigoureuse de faits bien établis; ainsi nous regardons comme démontré que l’électricité atmosphérique exerce une influence électro-chimique sur tous les corps organisés, quoiqu’il soit impossible , dans l’état actuel de la sc ience, de prévoir tous les effets produits. Cependant on conçoit le mode d’action qu’elle exerce en général.

85^. Dans l’état habituel de l’atmosphère, l’électricité qui s’y trouve est ordinairement positive; il faut donc que les corps organisés qui la transmettent à la terre manifestent à leur surface la réaction acide. S’il s’agit des plantes, ce sont les feuilles; par conséquent elles doivent exhaler foxigène et les acides: or cet effet est également produit par faction de la lumière solaire; il en résulte que faction de l'électricité atmosphérique, lorsque le temps est serein, tend à favoriser faction des forces vitales en ce qui concerne les execrétions. (^uant

IC)^ DE !. ENDOS. Et I)E L EXOSM. , CONSID. , ETC.

aux racines, qui absorbent les liquides par hygroseopiques , il en résulte des actions dont nous n’avons pas à nous occuper.

suite d’effets particulières

§ X. De P endosmose et de V exosmose , considères dans leurs rapports avec les ejfets de transport de V électricité agissant comme force mécanique .

Les phénomènes d’endosmose et d’exosmose intéressent à un haut degré la physiologie, puisqu’il est hors de doute qu’ils se manifestent dans tous les corps organisés pénétrés d’humidité ayant vie ou non. On a avancé que l’électricité était une des causes qui contribuaient à leur production. C’est donc un motif pour nous d’examiner jusqu’à quel point cette assertion est fondée.

853. Lorsque deux liquides hétérogènes sont séparés par une cloison à pores capillaires, ils marchent inégalement l’un vers l’autre en traversant ces pores. Il résulte de cette inégalité, que l’un des deux liquides reçoit de son voisin plus qu’il ne donne, en sorte que son volume s’augmente sans cesse aux dépens du volume de l’autre. Il existe donc par conséquent deux courants, dont l’un est plus fort que l’autre : le premier est appelé endosmose et le second exosmose . L’appareil destiné à produire le phénomène est appelé enclosmométre ; il est formé d’un tube de verre, terminé d’un coté par un large évasement dont l’ouverture est bouchée avec un morceau de vessie, fixé solidement au moyen d’une ligature. La cavité de l’évasement qui est remplie avec le liquide dont 011 veut éprouver la force d’endosmose, plonge dans de l’eau distillée. Si le liquide qui produit l’endosmose est de l’eau de gomme , de l’eau sucrée ou line solution saline, on le place dans le tube tenu dans une position verticale; ce liquide s’élève jusqu’à une hauteur plus ou moins considérable. Voilà le phénomène d’endosmose.

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