‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 132 sur 216 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

^ XL L'action de V électricité concourt- elle à la production de V endosmose?

85(). Suivant la théorie de M. Poisson et la manière devoir de M. Berzelius et de G. Magnus, on conçoit quelles sont les causes physiques qui concourent k l’effet général. L’attraction entre les particules d’une solution saline se compose des attractions mutuelles de l’eau et du sel, et cl e l’attraction réciproque des molécules de chacun de ces corps pris à part; quand ces attractions réunies sont plus fortes que celles des molécules d’eau entre elles, l’eau doit passer d’autant plus facilement k travers les pores du corps poreux interposé , qu’elle tient en moins grande quantité de corps étrangers en dissolution. Dans le cas où la membrane sépare deux dissolutions dans lesquelles l’attraction entre les parties est inégale et qui exercent en outre une attraction réciproque l’une sur l’autre, et une autre sur les pores de la vessie, il en résulte que l’une d’elles est attirée avec plus de force par ces pores, et que par conséquent la quantité absorbée doit être plus considérable d’un coté que de l’autre. Le liquide situé de l’autre coté attire aussi celui qui a pénétré la membrane et se mêle avec lui. Voilà comme on peut concevoir le double courant.

Nous voyons par là que l’endosmose est un phénomène très-complexe et qu’il est bien difficile de prévoir ci priori l’effet qui doit être produit dans telle ou telle circonstance.

Nous allons examiner maintenant jusqu’à quel point l’électricité peut joindre son action à celle des diverses causes que nous venons de passer en revue.

860. Dans les phénomènes qui nous occupent, nous admettons comme cause influente, indépendamment des effets de capillarité, l’action des deux liquides l’un sur l’autre et celle de chacun d’eux sur la membrane, trois actions chimiques qui donnent naissance chacune à des

lf)8 L ACTION DE l’ÉLEC. CONCOURT-ELLE, ETC.

effets électriques particuliers. S'il n’existait que deux corps agissant l’un sur l’autre, il n’y aurait pas de courant électrique, puisqu’il y aurait une recomposition tumultueuse des deux électricités dégagées sur la surface même du contact ; mais ici ce n’est pas le cas 11 y a toujours trois corps en contact, en y comprenant la membrane ou corps intermédiaire , dont l'un sert à la circulation des deux électricités mises en liberté, à l’instant de la réaction chimique des deux autres corps l’un sur l’autre. 11 peut floue exister trois espèces de courant dont la résultante dépend de la nature des liquides et de celle de la membrane.

861. On peut nous objecter qu’un couple voltaïque est toujours formé de deux corps solides conducteurs en contact, baignés par un liquide également conducteur, réagissant chimiquement sur l’un d’eux, ou bien de deux liquides et d’un corps solide conducteurs. Le fait est vrai, quand 1! s’agit de corps ayant une étendue déterminée; mais il est infiniment probable qu’il n'en est pas de même quand on considère les parties élémentaires, ou bien des fractions extrêmement ténues. En effet, mille faits nous prouvent que les courants électriques sont capables de transporter aux deux pôles d’une pile les cléments de tous les corps, même de ceux qui ne sont pas conducteurs de l’électricité. Nous citerons particulièrement le soufre, la silice, la magnésie, etc., qui, quoique non conducteurs, sont transportés par l’électricité quand ils font partie d’une combinaison décomposée par elle.

Ce fait nous montre que le plus ou moins de conductibilité des corps dépend moins de la nature des cléments que du mode de groupement de ces derniers. Si donc il était possible de réduire ces corps en leurs particules élémentaires, celles-ci pourraient servir à former des petits couples voltaïques.

Il résulte de là que plus on broie menu ces corps, plus les parties que l’on obtient tendent à acquérir la faculté conductrice; quand elles 11 en sont pas pourvues

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