CHAPITRE PREMIER. 20D
trois semaines, et la liqueur alcoolique devient gazeuse et muqueuse, et on en sépare la gomme avec le filtre.
11 résulte de là que la levure, soluble dans un certain état, peut donc convertir en alcool ou en gomme la matière sucrée selon que Ton emploie ou non l’action de l’électricité.
Il résulte des observations de M. Colin que les levures n’exigent point le concours de l’oxigène pour produire l’alcoolisation; qu’elles se composent de parties solubles et de parties insolubles; que les parties solubles sont celles qui possèdent principalement le pouvoir de fermenter, tandis que c’est dans les parties insolubles que réside la propriété de convertir l’oxide de l’air en acide carbonique.
Nous ne savons donc encore rien touchant le rôle que peut jouer l’électricité dans la fermentation. Nous avons cru cependant qu’il était convenable de rapporter les opinions qui ont été émises à ce sujet, pour que le lecteur puisse connaître l’état actuel de la question.
§ XIII. De l ’ action de V électricité voltaïque sur
V alcool et V éther.
873. Quand nous avons indiqué (1) les méthodes à employer pour séparer, au moyen de l’électricité, les principes immédiats de quelques végétaux, nous n’avons nullement fait mention des produits secondaires, qui sont si fréquents dans les décompositions des substances inorganiques soumises à l’action voltaïque. Ces produits secondaires sont aussi nombreux, s’ils ne le sont pas davantage, dans les décompositions électrochimiques de quelques composés tirés des végétaux. Nous prendrons pour exemple l’alcool et l’éther.
874* M. Arthur Connell (2) a reconnu que, lorsque
(1) Page 179..
(2} Transact. de la Soc. roy. d’Édimb., vol. xm.
ao6 de l’act. de lelec. voltaïque, etc.
l’alcool tient en dissolution certaines substances, même en petite quantité, et qu’on soumet ce liquide à l’action de la pile, il se manifeste des signes évidents de décomposition. Ainsi, lorsque de l’alcool ( p. s. o,83o ) contient de potasse caustique, il y a dégagement de gaz seulement au pôle négatif. L’action d’une pile de 5o éléments suffit pour produire cet effet. Une petite portion du gaz recueilli ayant été mêlée avec trois fois son volume de chlore, et le mélange laissé dans une chambre obscure sur l’eau, en peu d’heures tout le chlore employé a été absorbé sans la moindre apparence de matière huileuse. Ce gaz ayant été examiné à l’eudiomètre de Volta, a donné des proportions variables d’hydrogène et d’air atmosphérique. U résulte de là que le gaz dégagé au pôle négatif était de l’hydrogène pur, de l’oxigène et de l’azote provenant de l’air tenu en dissolution par l’alcool. Effectivement, en faisant l’expérience, sans le contact de l’air atmosphérique, dans un tube fermé, la proportion de l’air atmosphérique mêlé avec 1 hydrogène était beaucoup diminuée. M. Connell est parvenu même à n’obtenir que de l'hydrogène pur. Le résultat a été le même avec de l’alcool à 0,7928 et 66° F. Trois grammes environ d’alcool, tenant en dissolution yLo à tz ô c^e potasse, et soumise dans le tube (fig. 28) à l’action de 60 paires de plaques de 4 pouces, avec des lames de platine, ont fourni un pouce cubique de gaz, en moins d’un quart d’heure, au pôle négatif, et 2 y pouces cubiques, en deux heures un quart depuis le commencement. Le liquide a acquis bientôt une couleur rougeâtre, et il s’est déposé peu à peu au fond du tube une matière blanche qui était du carbonate de potasse. Le gaz dégagé était de l’hydrogène pur, et la couleur rouge provenait de la formation d’une matière résineuse.
875. On voit donc que l’action produite était due en partie à la décomposition de l’eau contenue dans l’alcool; l’hydrogène était transporté au pôle négatif, tandis que l’oxigène produisait des effets secondaires. Si l’on veut obtenir un dégagement de gaz, faible à la vérité, il faut