‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 138 sur 216 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

agir sur de l’alcool qui renferme au moins un volume d’eau égal au sien. Avec de l’alcool ayant une densité de 0,8358 et tenant en dissolution une plus grande quantité dépotasse, par exemple, on observe une légère effervescence au pôle positif.

M. Conuell a obtenu les memes résultats en substituant à la potasse d’autres substances, telles que le chlorure de calcium, le nitrate de chaux, l’iodure de potassium , etc.

876. Pour expérimenter sur de l’alcool pur, ce physicien a employé la plus grande force voltaïque dont il pût disposer, celle d’une pile de 266 paires de plaques de 4 pouces. L’alcool fut placé dans le tube n° 28, pouvant contenir quatre grammes *. Les conducteurs étaient formés de lames de platine ayant environ un pouce de long sur 4 de large; l’alcool soumis à l’expérience avait une pesanteur spécifique de 0,7928 à 66° F.

Lorsqu’il se manifestait une action avec les lames de métal placées à la distaneede 7^ de pouce, on obtenait au pôle négatif un dégagement de gaz abondant, et rien au pôle positif. L’action était si intense que la température s’élevait bientôt jusqu’à l’ébullition du liquide. Le gaz recueilli au pôie négatif, et analysé au moyen du chlore et de l'eudiomètre de Vofta,a encore donné de l’hydrogène combiné quelquefois avec d’air commun provenant du liquide. L’alcool avait acquis une odeur d’éther. En y ajoutant un peu d’eau, il se précipitait une petite quantité de matière résineuse jaune.

877. Il est facile maintenant de se rendre compte des changements qui sont produits dans l’alcool pendant l’action voltaïque. L’effet le plus direct paraît consister dans la décomposition partielle de l’eau contenue dans l’alcool, et de celle qui est au nombre de ses parties constituantes quand on opère sur de l’alcool pur. L’hydrogène est mis en liberté et l’oxigène est employé à produire des composés secondaires.

Il faut se .rappeler, pour concevoir cette théorie, la faible affinité de l’alcool pour l’oxigène. Au surplus, les

üo8 de l’act. de l’jélec. voltaïque, etc.

expériences suivantes viennent en confirmer l’exactitude* 878. Nous savons, d’après IV1. Faraday, que, lorsque le même courant électrique passe à travers deux solutions aqueuses différentes et décompose l’eau des solutions, la quantité décomposée de ce liquide dans chacune d’elles est exactement la même, et que si la même quantité d’hydrogène et d’oxigène est dégagée de deux liquides différents, par suite du passage du même courant, il est probable que, dans les deux cas, l’eau est le sujet de la décomposition. M. Connel s’est appuyé sur ces deux principes pour étudier de nouveau l’action de l’électricité sur l’alcool. U a employé des tubes dans lesquels étaient soudés au chalumeau des fils de platine terminés par des lames de même métal. Deux de ces tubes ont été remplis d’alcool et renversés dans un petit vase contenant également de l’alcool, tandis que deux autres, remplis d’un liquide aqueux avec lequel l’alcool était comparé, ont été renversés comme les autres. Ces tubes étaient unis comme l’indique la fig. 29. Le liquide alcoolique fut placé dans le tube À de la fig. 3o, ayant un fil soudé en N et un autre passant a travers un liège en F; et ce tube fut uni avec ceux qui contenaient le liquide aqueux. L’alcool soumis a l’expérience avait une pesanteur spécifique de 0,80a et de 0,796. Le vase A (fig. 29), avec ses tubes, fut rempli d’alcool de la ire pesanteur spécifique, tenant en dissolution de potasse, et l’on plaça dans le vase B de l’eau acidulée avec ~ d’acide sulfurique. Le tube P du vase B fut uni avec le pôle positif d’une batterie de 36 paires de plaques de 4 pouces, et le tube N du vase A avec le pôle positif de la même batterie. Les deux autres tubes communiquaient ensemble au moyen d’un petit fil de cuivre. Les gaz se réunirent lentement dans tous les tubes, excepté dans le tube positif du vase A contenant le liquide alcoolique. Après 3 heures \ d’action , le tube négatif de A contenait o, 3 d’un pouce cubique, et le tube négatif de B, o,35.

L’expérience ayant été répétée, a donné sensiblement

CHAPITRÉ MËM1È.ÎL ÉOQ

!e même résultat. Ainsi, il y a ru à peu près la même quan* ti té d’hydrogène dégagée par l’action du même courant, soit que le liquide sur lequel on agissait fût de l’alcool ou de l’eau; par conséquent on devait en conclure que, dans les deux, cas, l’eau était le sujet de la décomposition. En opérant avec des dissolutions renfermant de petites quantités de potasse, d’iodure de potassium, on a trouvé encore que l’eau était réellement le sujet de l’action directe du courant voltaïque transmis à travers l’alcool.

C’est une chose remarquable que de voir combien est petite la quantité de potasse capable de produire des indices de décomposition dans l’alcool. Par exemple, si l’on agit sur de Palcool pur dans un verre avec une pile de 5o paires de plaques de 2 pouces, en approchant simplement les lames de platine l’une de l’autre horizontalement, on n’observe aucune action décomposante, lorsque l’alcool ne tient rien en dissolution; mais, s’il renferme en dissolution — ' — de potasse, on aperçoit aussitôt un faible courant de petites bulles au pôle négatif. Il peut se faire que la présence de ce corps augmente suffisamment la conductibilité de l’alcool pour déterminer faction électro-chimique.

87g. L’éther rectifié, soumis au même mode d’expérimentation que l’alcool, n’a donné que des résultats négatifs. Ce liquide possède un pouvoir dissolvant beaucoup plus limité que celui de l’alcool; il ne dissout qu’une quantité à peine perceptible de potasse; soumis alors à l’action d’une pile de 5o paires de plaques de 2 pouces, il n’y a eu aucune apparence de décomposition. Il en a été encore de même avec une forte solution éthérée de sublimé corrosif, ainsi qu’avec de l’éther tenant en dissolution du chlorure de platine et de l’acide chromique. En employant le pouvoir de 2 5o paires de plaques de 4 pouces sur de l’éther pur, dans le tube fig. 28, quand il était refroidi ou chauffé jusqu’au point de l’ébullition, M. Connell n’a observé non plus aucun signe de décomposition. Ainsi donc, il était probable que l’éther ne ren- IV. 14

DE ï/aCT. DE l’ÉLEC. VOLTAÏQUE, ETC.

fermait pas d’eau. Il semblerait résulter de là que l’eau n’entre pas dans sa composition ; car si elle était un de ses principes constituants, il est probable, qu’à l’exemple de l’alcool, elle eût cédé à l’influence décomposante de la pile.

880. Nous avons passé en revue les observations les plus importantes relatives à l’action de l’électricité agissant sur les végétaux et leurs principes immédiats , comme force physique ou comme force chimique, nous allons faire connaître maintenant les effets qu’elle produit, dans l’un et l’autre cas, sur l’homme et sur les animaux.

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