ANIMÉS
§ 1er. Des causes mécaniques qui produisent les
contractions.
88 1. Les contractions musculaires dues à l’action de l’électricité sur les nerfs ont occupé long-temps les physiciens et les physiologistes; les effets observés prêtaient tellement à l’illusion , surtout à l’époque des découvertes de Galvani, que l’on crut un instant avoir découvert le principe de la vie; mais les recherches ne tardèrent pas à se ralentir, quand on reconnut que le fluide électrique n’était qu’un stimulant, comme le frottement, les acides et autres corrosifs, pour produire les contractions musculaires. Il ne fut nullement démontré cependant que cet agent ne jouait pas un certain rôle dans les phénomènes de la vie.
Cette question étant d’une nature très-complexe, nous avons pensé qu’il était nécessaire, pour l’exposer avec méthode, de donner quelques développements sur les contractions en général. Ces développements sortent, à la vérité, du domaine ordinaire de la physique; mais les sciences physico-chimiques ont pris un tel accroissement depuis une trentaine d’années que si l’on veut les appliquer utilement à l’histoire naturelle et à la physiologie , il faut acquérir préalablement des notions générales sur ces deux branches de nos connaissances.
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En- étudiant successivement chacune des causes qui font naître les contractions, nous tâcherons de voir s’il existe ou non, dans leur mode d’action, quelques conditions de ressemblance, h l aide desquelles on puisse les réunir au moyen d’une seule expression,
88 1. Il existe, comme on sait, dans les animaux, des parties douées d’excitabilité et de sensibilité, et d’autres qui ne possèdent aucune de ces facultés. Les parties excitables sont celles qui se contractent quand un corps étranger les touche un peu fortement ou réagit chimiquement sur elles; les parties sensibles sont celles qui, dans les mêmes circonstances, produisent des sensations quelconques. Pour reconnaître les unes et les autres, il faut, comme l’indique Haller, mettre à nu les parties, et les irriter, aussitôt que l’animal a cessé ses mouvements et ses plaintes, avec la chaleur, l’alcool, le scalpel, les acides et autres corrosifs. On voit alors quelles sont les parties qui sont agitées et celles qui excitent un sentiment de douleur. Quand on porte, par exemple, un de ces irritants sur un muscle, et mieux encore sur le nerf correspondant, il en résulte un mouvement brusque et rapide, qui, néanmoins, est loin d’avoir cette énergie avec laquelle le cerveau fait contracter les muscles d’un animal vivant; aussi dit-on que la force de contraction musculaire est en raison composée de la force d’organisation du tissu et de la force d’excitation cérébrale. Si l’un et l’autre sont peu marqués, les mouvements sont peu apparents; s’ils sont exaltés, les mouvements deviennent violents.
Il nous est impossible d’entrer ici dans l’examen détaillé des parties excitables, des parties sensibles des animaux et de celles qui sont privées de ces deux facultés; nous dirons seulement que les fibres musculaires, ainsi que les muscles de la vie organique qui reçoivent des nerfs , sont éminemment doués de contractilité et de sensibilité, tandis que le poumon, le foie, etc. , n’ont point de sentiment, ou du moins n’en ont qu’un faible.
883, Nous ferons remarquer encore que le sang paraît