CHAPITRE II
nécessaire à l’excitabilité clés muscles, puisque, dans les animaux à sang chaud, les contractions cessent quand il est coagulé; tandis que, dans les animaux à sang froid , elles se manifestent quelquefois vingt-quatre heures après la mort. Cette différence vient peut-être en partie de ce que le sang, en se coagulant, enlève aux parties organiques leur motilité. Il peut se faire aussi que la faculté contractile varie suivant la classe des animaux, en raison de l’excitabilité des nerfs.
Si l’on examine avec attention le muscle d’une grenouille pendant qu’il se contracte , on n’en voit point sortir de sang. La contraction est donc le résultat d’un déi ’angement momentané dans la position d’équilibre des molécules organiques, lequel dérangement ne peut avoir lieu si le sang ne conserve pas sa fluidité.
884 . La propriété contractile des muscles paraît dépendre de l’action des nerfs; aussi est-elle considérée comme un des attributs de la vie. Pour le prouver, il suffit d’irriter successivement le nerf et le muscle : on voit alors que la contraction est incomparablement plus forte dans le premier cas que dans le second. Dans celui-ci, faction exercée sur les ramifications nerveuses est la cause du phénomène : aussi doit-il être moins marqué.
Quoique cette faculté soit propre à la vie, elle se manifeste néanmoins encore quelque temps après la mort, surtout dans les animaux à sang froid.
885. Il faut bien distinguer de la contraction l’effet qu’éprouve la fibre musculaire quand on la plongé dans de l’eau, dont on élève successivement la température jusqu’à l’ébullition. Dans ce cas, elle se crispe ct.se condense progressivement jusqu’à l’instant de l’ébullition ou la condensation est la plus forte; elle perd alors la faculté de se contracter par faction des acides concentrés de l’alcool ou de la chaleur, qui est elle-même un excitant toutes les fois que son intensité n’est pas suffisante pour désorganiser les tissus. Il y a donc une différence essentielle entre la contraction et le tacot1*
Ül4 CAUSES MtïCAN'. QUI PROD. LES COtfTRACT.
nissement.* Dans le premier cas, il y a déplacement de molécules organiques, oscillation et retour à leur position primitive d’équilibre; tandis que, dans le second, il y a déplacement sans retour à cette position^, et par conséquent désorganisation.
886. Si l’on irrite un nerf, dans un animal vivant, avec un instrument aigu, le muscle correspondant se contracte aussitôt; en continuant l’irritation sur le même point, la contraction finit par ne plus se produire, la faculté du nerf se trouve par là émoussée dans ce point; mais si l’on porte l’irritation sur une autre partie, elle se manifeste de nouveau. Le nerf étant coupé , si on l’irrite au-dessous de la section, l’animal n’éprouve aucune sensation, mais le muscle se contracte aussitôt; si l’irritation est portée au-dessus, il y a un effet inverse de produit. Cette observation est d’une grande importance pour la théorie électrique des contractions.
887. Voyons l’influence des nerfs sur les contractions musculaires en général. Si l’on lie le nerf brachial d’un chien, l’animal, pendant la ligature, donne des marques de la douleur la plus violente, et aussitôt après, sous la ligature tout devient insensible. Le tronc même du nerf irrité ne cause plus de douleur à l’animal. Il résulte de là que la compression exercée sur le nerf empêche la cause qui produit la contraction de se transmettre dans son trajet. En détachant la ligature, le nerf recouvre la faculté dont il jouissait auparavant.
Si l’on coupe les nerfs des deux jambes de derrière d’une grenouille, elles perdent entièrement le sentiment et le mouvement volontaire; mais leurs muscles conservent leur excitabilité. Cette expérience est importante à noter.
Nous pouvons conclure de là que la cause qui fait contracter les muscles est transmise par les nerfs; que, dans la vie, cette cause dépend du sentiment; que l’irritation des nerfs ne produit jamais de mouvement que dans les muscles correspondants. Les nerfs remplissant seulement les fonctions de conducteur et ne paraissant