CHAPITRE H
fécoulement du liquide cesse aussitôt. Voila comment il faut concevoir que le fluide électrique accélère la sortie des liquides par les orifices capillaires.
897. Les physiciens du milieu du siècle dernier avaient cru remarquer que chez les personnes électrisées, il y avait accélération du pouls, élévation de température et augmentation dans la transpiration insensible; ces résultats ayant été contestés, Van Marun, dans le but de décider la question, a fait, aidé de quelques médecins, une série d’expériences avec la grande machine de Teyler.
Ils ont reconnu que le nombre des pulsations du pouls est sensiblement le même avant, pendant et après l’électrisation, quelle que soit d’ailleurs sa nature; que la transpiration, loin d’être augmentée, est plutôt diminuée par l’influence de l’électricité, et qu’il n’y a aucune apparence d’élévation de température tant que dure l’électrisation.
898. On s’était imaginé aussi que l’électricité accélérait la circulation du sang, en raison des effets produits quand l’eau électrisée s’écoule par des orifices capillaires ; mais la comparaison n’était pas exacte. Voici, au reste, l’expérience sur laquelle on s’est fondé pour soutenir cette assertion. Boeclère, à Strasbourg, ayant placé sur un isoloir et électrise une personne à laquelle on avait ouvert la veine; pendant tout le temps de l’électrisation, le jet du sang était vif, dilaté, et s’étendait assez loin; mais, dès l’instant que I on faisait communiquer *le patient avec le sol , le jet perdait insensiblement de sa vitesse et de son amplitude. Ces effets se conçoivent parfaitement d’après le principe sur lequel nous nous sommes appuyé pour expliquer l’accélération de l’écoulement des liquides par les orifices capillaires; ils ne prouvent nullement que l’électricité active la circulation du sang dans les vaisseaux, quand il n’y a pas d’ouverture extérieure, attendu que, lorsque cette ouverture n’existe pas, toute l’électricité se porte à la surface du corps.
899. En général, quand le fluide électrique traverse un corps, il exerce une action répulsive sur toutes ses parties. Si son énergie est suffisante pour vaincre la force
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d’agrégation ou raffinitédes molécules, le corps se trouve brisé en mille parties fondues ou volatilisées, suivant sa nature, ou entièrement décomposées. C’est ainsi que MM. Prévost et Dumas, en faisant passer une étincelle électrique à travers une petite goutte de sang, ont observé que celle-ci prenait un aspect framboise, annonçant la séparation partielle des globules élémentaires qui la composaient. En opérant de la même manière sur un liquide contenant des animalcules spermatiques, des infusoires, ils ont reconnu que leur mouvement spontané était détruit. Cette observation doit être prise en considération par les personnes qui cherchent à appliquer l’électricité à l’art de guérir, si elles ne veulent pas courir la chance de faire naître des désordres dans l’économie animale.
900. D’un autre côté, les parties animales ne possèdent pas toutes également le même pouvoir conducteur, et même elles cessent de transmettre l’électricité quand elles sont parfaitement desséchées. Voilà ce que nous observons aprèsja mort. Les liquides dont elles sont imprégnées sont donc la cause déterminante de leur conductibilité.
901. On a avancé que les nerfs, pendant la vie et quelque temps après la mort, ont un pouvoir conducteur qui leur est propre, et qui est supérieur à celui des autres organes. Le fait paraît probable, mais il n’a pu être établi jusqu’ici que sur des inductions dont nous parlerons bientôt.
902. La grenouille, en raison de sa grande irritabilité, est l’animal dont on se sert ordinairement pour étudier les effets physiologiques de l’électricité. Pour la préparer convenablement, on coupe la colonne dorsale un peu au-dessous des pattes de devant; après avoir séparé la partie antérieure et écorché l’autre partie , 011 enlève les chairs qui entourent la colonne, de manière que les cuisses ne tiennent à celle-ci que par les nerfs lombaires, comme l’indique la fig. 39. La grenouille, ainsi préparée, est suspendue par la colonne vertébrale à peu de distance d’une machine électrique en mouve-