CHAPITRE II
platine, et Ton établit la communication entre les deux lames avec un fil d’or ou un fil de platine; il n’y a pas de contraction, si les surfaces métalliques sont trèsnettes; car, pour peu que l’une d’elles ait etc frottée avec un morceau d’un métal oxidabîe, les muscles se contractent à l’instant ou Ton ferme le circuit. En remplaçant l une d’elles par une lame de zinc, de fer ou d’un métal oxidabîe, les muscles se contractent aussitôt avec violence; ainsi la réaction sur le métal oxidabîe du mucus, ou autres liquides adhérents aux parties animales, dégage assez d’électricité pour produire les contractions.
Il n’est pas besoin de faire traverser le courant électrique dans les muscles et les nerfs, pour avoir les contractions : il suffit de le faire passer seulement dans une partie du nerf; l’effet a lieu, quelque rapprochés que soient les deux conducteurs.
qo5. Nous voyons bien, d’après les expériences précédentes, que les courants électriques qui parcourent les nerfs affectent les cuisses; mais ils jouissent encore de la propriété de faire contracter les muscles de la vie organique, lors même que le courant n’agit plus sur eux. M. de Humboldt a mis ce fait en évidence de la manière suivante : le cœur d’une grenouille était tellement affaibli qu’on n’y observait plus qu’une pulsation en 4 minutes. Toutes les irritations mécaniques ne produisaient aucune accélération. L’ayant soumis à l’action d’un courant, puis abandonné à lui-même, les pulsations se manifestèrent de la manière suivante :
Dans la xre minute 35 pulsations.
4e Ia
Dans une autre expérience, le nombre des pulsations fut de 2 5 par minute; l’effet dont il est Ici question est particulièrement bien marque sur les poissons.
2 2 B PII EN. GENER • CONCERN. LaCT. PHYS., ETC.
906. Pour compléter ce que nous venons d’exposer touchant l’action des courants voltaïques provenant d’un seul couple pour produire les contractions, nous rapporterons les observations qu’Aldini a faites sur de grands animaux, et celles que nous devons à MM. deHumboldt et Acbard de Berlin sur les insectes et sur l’homme.
Aldini ayant pris la tête d’un boeuf récemment assommé, enfonça dans l’une des oreilles un de ses doigts humectés d’eau salée, tandis que l’autre main soutenait une grenouille préparée de manière que sa moelle épinière touchait le dessus de la langue du bœuf. Les contractions commencèrent aussitôt et furent trèsvives. Cet effet doit être attribué à l’électricité résultant de la réaction de la moelle épinière sur le liquide adhérant à la surface de la langue.
Ayant formé un arc humide, au moyen de deux ou trois têtes de Veau nouvellement détachées du tronc, il trouva que les contractions étaient plus fortes que lorsqu’il n’employait qu’une seule tête. Cet effet est facile à expliquer; dans le premier cas plusieurs actions concouraient à l’effet général.
L’application seule des nerfs sur les muscles, sans l’intermédiaire d’autres corps, produit des contractions. Cette expérience, qui a été conçue par Galvani et exécutée par Aldini, se fait de la manière suivante fîg. [\\ : on prend une grenouille préparée comme à l’ordinaire, et tandis qu’une main soutient la moelle épinière, l’autre saisit l’un des pieds et fait ployer la jambe, de manière que les muscles de celle-ci touchent les nerfs cruraux; a l’instant du contact, il en résulte de vives contractions. Cet effet n’a lieu qu’autant que les grenouilles sont robustes, pleines de vitalité, et que les muscles ne sont pas surchargés de sang. Les nerfs doivent être préparés avec toute la promptitude possible.
On ne peut , dans l’état actuel de la science , rapporter cet effet qu’à la réaction l’un» sur l’autre des deux liquides différents qui adhèrent aux muscles et aux nerfs.