CHAPITRE II
après l’execution (i), avec une pile voltaïque composée de 270 paires de plaques de quatre pouces et chargée avec de l’eau renfermant de l’acide sulfurique et de l’acide nitrique. Les résultats qu’il a obtenus sont tellement saillants que nous devons les mentionner ici.
La moitié de la première vertèbre cervicale ayant été enlevée, on mita nu la moelle épinière, puis on fit une incision à la hanche gauche, afin de rendre visible le nerf sciatique. Un des conducteurs de la pile fut mis en contact avec la moelle épinière, tandis que l’autre conducteur fut appliqué sur le nerf sciatique. À l’instant même tous les muscles du corps furent agités de mouvements convulsifs. Le coté gauche fut plus vivement affecté que les autres parties, chaque fois que l’on établissait la communication. En faisant mouvoir le second conducteur de la hanche au talon, le genou ayant été plié préalablement, la jambe fut lancée avec tant de violence qu’elle faillit renverser un des assistants qui essayait en vain d’en prévenir l’extension.
Dans une autre expérience, on mit à nu le nerf phrénique, qui se rend au diaphragme et communique avec le cœur au moyen de la huitième paire; dans l’espoir de renouveler le jeu de la respiration, on fit une petite incision sous le cartilage de la septième cote; l’un des conducteurs fut mis en contact avec le diaphragme et l’autre avec le nerf phrénique du cou. Ce muscle, qui est le principal agent de la respiration, se contracta, mais pas aussi fortement que s’y attendait M. Ure ; il eut recours à un autre mode d’expérimentation pour imiter le phénomène de la respiration. U avait souvent eu l’occasion de remarquer que, pour obtenir une excitation galvanique puissante, il fallait, tout en laissant le conducteur parfaitement en conctact avec les parties sur lesquelles on voulait opérer, promener le bout du fil auquel les conducteurs étaient attachés le long des
(i) Annal, de Ch. et de Phys., t. xiv, p. 33y.
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plaques plongeant clans les auges extrêmes, afin de multiplier les secousses; en opérant ainsi , la respiration s’établit d’une manière régulière, forte, mais pénible; la poitrine se souleva et retomba; le ventre fut poussé en avant et s’affaissa ensuite; le diaphragme se dilata et se contracta. Les résultats de cetteexpérience furent si remarquables que les assistants crurent un instant au retour de la vie dans ce corps mutilé. Le cœur et le pouls demeurèrent immobiles, peut-être à cause de l’évacuation d’une partie du sang et de la coagulation de l’autre.
Le nerf supra-orbital ayant été mis à découvert, fut mis en communication avec l’un des conducteurs, et l’autre conducteur fut placé au talon; tous les muscles de la face furent mis simultanément en action d’une manière effroyable; toutes les fois que l’on promenait l’un des fils, comme dans l’expérience précédente, les grimaces étaient si extraordinaires que des spectateurs furent forcés de quitter l’appartement à cause de leur effroi et de leur malaise; un d’eux perdit même connaissance.
Dans une dernière expérience, le courant électrique fut dirigé delà moelle épinière au nerf uluaire, qui passe parle condyle interne au coude; on vit aussitôt les doigts se mouvoir avec agilité.
91 5. La tête d’un décapité ayant été soumise à l’action d’une pile de 100 paires, dont les extrémités se trouvaient en communication avec l’intérieur des deux oreilles, humectées d’eau salée, les muscles du visage éprouvèrent de fortes contractions et l’action des paupières fut m êm e très- m a rq née.
Les muscles de l’avant-bras et les parties tendineuses du métacarpe ayant été mis à nu, on établit un arc de la moelle épinière à ces muscles. Le bras fut soulevé. En établissant un arc entre les biceps de chaque bras, on obtint des contractions analogues.
Aldini ayant établi la communication entre la moelle épinière et les muscles vaste externe, vaste interne, couturier et autres, a obtenu des mouvements très-vifs dans