‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 160 sur 216 · CHAPITRE If. 2/j · texte numérisé non relu

CHAPITRE If. 2/j

ronne de tasse, de 5o couples chacun, ayant été montés avec de Feau salée, quand l’un d’eux avait fonctionné pendant L jo minutes, et que la grenouille ne se contractait plus, en fermant le circuit on la soumettait à l’action de j’autre appareil, le courant étant dirigé dans le même sens; les contractions se produisaient aussitôt. Au bout de a5 minutes les effets cessaient, et se reproduisaient en employant l’autre pile, dont le circuit avait été interrompu, pour qu’elle reprît une partie de sa force primitive. Dans ce dernier cas, l’effet doit être attribué a l'accroissement de force du courant.

C)a5. Bien qu’une grenouille qui a été soumise, pendant quelque temps, à Faction d’un courant continu, perde la faculté de se contracter et la recouvre par le repos, sa sensibilité se trouve cependant affaiblie; c’est ce que M. Marianini a prouvé de la manière suivante : ayant préparé deux grenouilles douées de beaucoup de sensibilité, l’une fut soumise à Faction d’un appareil de 4o couples, et l’autre fut laissée en repos. Une demiheure après, celle-ci était encore sensible à Faction d’un seul couple, presque autant qu’auparavant, tandis que l’autre ne se contractait plus, même sous Faction de deux couples. Au reste , on prouve facilement, par l’expérience, que l’affaiblissement de la sensibilité de la grenouille est d’autant plus considérable , que le courant est plus fort; ce qui explique pourquoi la durée des effets résultant des alternatives voltaïques est en raison inverse de la force de 1 appareil.

9*26. Dans l’animal vivant , il existe une force qui répare les atteintes portées par le courant aux organes du mouvement; car, lorsqu’une grenouille a été tourmentée par un courant jusqu’à ce que les contractions musculaires aient diminué sensiblement d’intensité, si on la laisse reposer quelque temps, elle recouvre sa force primitive, et les contractions reprennent leur vigueur, sans qu’il soit nécessaire de soumettre l’animal à Faction d’un courant contraire. Ce principe réparateur ne cesse pas entièrement avec la vie, il lui survit,

a44 ANALY. des eff. i>rod. quand on ferme, etc.

du moins eu partie, pendant quelque temps; car des grenouilles soumises à l’action des courants électriques, quelques heures après leur préparation, présentent le phénomène des alternatives voltaïques, à périodes bien plus courtes que lorsque l’expérience est faite aussitôt après la mort. Ce principe réparateur, qui neutralise l’action destructive du courant, s’efface dans l’animal tué, en raison directe du temps qui s’est écoulé depuis sa mort; de sorte que c est dans l’animal vivant où ce même principe jouit de sa plus grande énergie.

Nous devons faire remarquer que la volonté de l’animal peut influer aussi sur les effets des courants et même les contre-balancer; pour s’assurer de ce fait, il faut agir d’abord sur le membre faisant partie de l’animal et ensuite sur le même membre quand il en est séparé. Nous ne saurions donc trop recommander aux expérimentateurs d’avoir égard à l’état de vie, dans leurs recherches.

Si les courants affaiblissent l’irritabilité quand leur action est continue, ils peuvent au contraire la rétablir lorsqu’elle est instantanée et d’une intensité convenable. D’après Hallé, une grenouille qui avait été fatiguée au point de ne plus donner de contraction à l’instant de la communication, s’est agitée de nouveau, en fermant rapidement le circuit et l’ouvrant aussitôt.

Nous nous étendons beaucoup sur les effets des alternatives, parce qu’ils sont de nature à nous éclairer sur l’une des causes qui produisent les contractions; c’està-dire, sur la faculté dont jouissent les parties organiques des nerfs et des muscles, pendant la vie, et quelque temps après la mort, de perdre, avec une extrême facilité, leur position naturelle d’équilibre.

§ YI. Analyse des effets produits quand on ferme et qu'on ouvre le circuit , et lorsqu'on change le sens du courant .

927. La grenouille se contracte seulement quand on ferme et l’on ouvre le circuit, c’est un fait qui est bien

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