DES MOY. EMPL. POUR RECON. LORIG. , ETC
sur toute la peau, et que l’animal peut, au moyen d’un liquide sécrété, versé dans unepartie du tissu cellulaire, établir à volonté la communication entre les organes et tel ou tel point de sa peau.
948. Il est bon de remarquer que, pendant que l’on tient fortement l’animal par la queue, et qu’on le presse dessus et dessous avec des lames de platine pour recueillir les deux électricités, il se contracte fortement, de manière à recourber tantôt en haut, tantôt en bas, la colonne vertébrale, comme s’il était atteint du tétanos. Les nageoires thoraciques sont agitées convulsivement, et le plus souvent redressées en haut en forme de crête. Néanmoins, comme d’autres observateurs l’avaient déjà remarqué, les mouvements musculaires les plus violents et les plus spasmodiques ne sont pas toujours accompagnés de décharges électriques; celles-ci ne doivent donc pas toujours être considérées comme la conséquence des contractions musculaires, mais bien comme l’effet d’un acte volontaire de l’animal.
Lorsque les torpilles ont été excitées longtemps, la peau de la face inférieure du corps, de blanche qu’elle est ordinairement, devient rosée et passe même, à une teinte de rouge très-marquée.
Il nous a été impossible de conserver des torpilles dans un baquet rempli d’eau de mer, plus de 6 heures; au milieu d’une chambre, elles mouraient toutes avec la roideur cadavérique.
949. Le multiplicateur dont nous nous sommes servis pour étudier les courants électriques dus aux décharges instantanées est doué d’une excessive sensibilité : il a été construit par M. Gourjon.
Il est formé d’un fil de cuivre recouvert de soie , enduit de vernis à la gomme laque sur toute sa longueur, et enroulé plusieurs milliers de fois autour du châssis. Au moyen de cet enduit, les circonvolutions se trouvent aussi bien isolées que possible ; précaution que l’on doit toujours prendre, quand il s’agit de faire passer un courant instantané dans un fil de métal replié sur lui-même.