‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 176 sur 216 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

métaux et d’un liquide , ou de deux liquides et d’un métal , mais bien de trois conducteurs liquides différents. Mais pour la formation de chaque élément, comme il n’avait que deux pellicules et un liquide intermédiaire, il fut obligé d’admettre une hétérogénéité dans les faces de la même pellicule.

Voyons comment Volta, en partant de cette organisation , est parvenu à expliquer les effets électriques de la torpille.

Ce grand physicien admettait que la torpille, qui comprime fortement le dos à l’instant où elle lance la commotion, n’agit ainsi que dans le but d’appliquer exactement la paroi inférieure de la partie supérieure et de la partie inférieure de l’animal sur les extrémités opposées de l’appareil électrique, afin de presser suffisamment les disques ou membranes qui le composent, pour former une pile. Suivant lui, il pourrait bien se faire aussi que la contraction de la colonne vertébrale fût destinée à répandre un liquide, bon conducteur, sur les parties constituantes du double organe, lesquelles ne seraient autres, comme nous l’avons déjà dit, que les pellicules ou petites couches d’un très-petit diamètre qui se trouvent dans les tubes aponévrotiques.

Volta considérait donc les organes électriques comme de véritables électro-moteurs naturels, rivalisant avec les électro-moteurs ordinaires, et fonctionnant suivant la volonté de l’animal. Mais il ne peut en être ainsi, comme nons le verrons ci-après.

902. John Davy, qui a étudié l’organe de la torpille, en examinant une des alvéoles qui le composent, avec une lentille d’un grossissement de 100 diamètres, n’y a reconnu aucune structure régulière; le tout lui a paru formé d’une masse homogène, traversée dans diverses directions par quelques fibres probablement nerveuses. Cependant, dans quelques circonstances, il a observé uneespècede structure dont nous allons parler. En plongeant les organes électriques dans de l’eau bouillante il les a vus se contracter soudainement dans toutes leurs

DESCRÎP. DES ORC. PARTIC. AÜX POISS , ETC.

dimensions, et les alvéolés sont devenues circulaires d’hexagonales ou de pentagonales qu’elles étaient d’abord. L’immersion pendant quelques minutes a suffi pour les rendre plus fermes. Dans des expériences faites à Rome, il a vu que les tubes étaient distinctement fibreux et lamelles , structure qui rappelait assez celle de la pile de Zamboni. D’un autre côté, le même physicien n’a rien vu de semblable dans des expériences faites a Gênes; les fibres tendineuses, en quelques secondes , ont été converties en gelée, et les alvéoles se sont séparées, ayant l’apparence et la consistance d’un mucilage brillant et trèsdoux. A quoi attribuer une différence aussi grande dans les résultats? Peut-être tient-elle à quelques conditions, à quelques particularités qui n’ont pas été les mêmes dans les deux expériences, telles que la température, la durée de l’immersion, le temps depuis lequel l’animal n’existait plus. Quoi qu’il en soit, M. John Davy n’a pu confirmer, à la température ordinaire, avec une lentille ayant un fort grossissement, les observations de Hunter et de M. Geoffroy St. -Hilaire sur l’organisation de chaque tube aponévrotique.

M. Breschet, qui a commencé un travail sur l’anatomie de la torpille, a déjà fait les observations suivantes :

Il existe , de chaque côté de la bouche et des voies respiratoires, un organe de forme semi-lunaire, composé d’une multitude de prismes généralement à six pans , disposés parallèlement les uns aux autres et perpendiculairement au sol. Ces prismes , qui sont plus longs vers la partie moyenne que vers les extrémités, donnent à cet organe une épaisseur plus considérable dans son milieu que Vers les bords.

En avant et au devant de l’organe olfactif, les deux corps prismes sont en contact l’un avec l’autre, au moyen d’un tissu intermédiaire composé de cellules de plus eu plus petites, dans lesquelles se trouve un tissu entièrement semblable à celui qui constitue les prismes.

L’organe entier est enveloppé d’une membrane de nature fibreuse, peu adhérente aux parties voisines, dont

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