CHAPITRE IV
plus facile. Voici l’expérience qu’il a faite à cette occasion : on prend une grenouille préparée, et on sépare les cuisses en coupant le bassin sur la ligne médiane, puis l’on place l une des jambes sur une plaque de zinc et l’autre sur une plaque de cuivre. A l’instant ou l’on fait communiquer .les deux métaux, le courant s’établit. Les nerfs étant isolés sont traversés par le courant, et les deux jambes se contractent violemment. Il n’en est plus de même si Ton met en contact les cuisses l’une avec l’autre: dans ce cas, le courant passe par les muscles, qui lui offrent un chemin plus court. Cett e expérience prouve donc que, lorsqu’un courant est engagé dans un nerf, au lieu de suivre ses ramifications , il passe dans les muscles , aussitôt que ceux-ci lui offrent un chemin plus court.
M. Person assure que, sans le rapport de la conductibilité électrique, il n’a reconnu aucune différence, à volume égal, entre le muscle et le nerf.
Nous ne mettons pas en doute les résultats de l’expérience de M. Person; mais il nous semble qu’il néglige une condition essentielle : c’est que le nerf, dans l’état de vie, possède peut-être un pouvoir conducteur propre, qui lui vient de son organisation particulière, et en vertu duquel il pourrait transmettre l’électricité, suivant la volonté de l’individu, à toutes les parties du corps, même à celles qui sont le plus éloignées du cerveau. On peut répondre de cette manière à l’objection qui a été faite à la théorie de MM. Prévost et Dumas. Quoi qu’il en soit, pour que cette théorie fût admise, il faudrait parvenir à démontrer que réellement les ramifications nerveuses sont disposées de manière à faire retour sur elles-mêmes pour former un circuit fermé : c’est là le point essentiel à décider. Cette théorie d’ailleurs très- ingénieuse doit être [irise en considération dans les recherches physiologiques, en raison de la base sur laquelle elle repose, c’est-à-dire de l’action des courants les uns sur les autres.