‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 190 sur 216 · CHAPITRE ÏY · texte numérisé non relu

CHAPITRE ÏY

ne tarderait pas à être altérée par suite de l’exercice continu des facultés intellectuelles. On a supposé que le phosphore qui se trouve dans la matière cérébrale remplissait cette fonction , ce n’est là qu’une hypothèse qui ne repose sur aucun autre fait.

Il ne reste donc plus à examiner que l’action de l’électricité. Or, il y a tant de moyens d’exciter la puissance électrique dans les corps, puisque le moindre dérangement dans leurs parties constituantes suffit pour troubler son état d’équilibre, qu’il peut très-bien se faire que la volonté, par un sentiment instinctif, ébranle quelques points du cerveau pour mettre en mouvement l’électricité à l’origine du nerf qui doit être affecté, laquelle est transmise immédiatement par ce dernier aux muscles correspondants. Ce qui tend à justifier cette manière de voir, c’est que le passage de l’électricité peut se faire sans difficulté du cerveau dans le nerf, puisque l’on retrouve, sous le même névrilême, la même substance que celle qui constitue la matière cérébrale. Les phénomènes électriques de la torpille viennent appuyer cette conjecture : lorsque l’animal veut donner une commotion, il se contracte; par suite-de cette action, la face supérieure des tubes aponévrotiques possède l’électricité positive, la face inférieure l’électricité négative. Chaque tube, par conséquent, .constitue bien une petite pile électrique, mais seulement à l'instant où la torpille veut agir. L’effet de la contraction est probablement de rapprocher les deux faces supérieure et inférieure de l’organe, et par suite ses membranes intérieures, afin de le rendre meilleur conducteur, et de faciliter par là la charge de chacune des petites piles, qui reçoivent leur électricité du cerveau, où elle est élaborée, puisqu’il n’y a plus aucun effet de produit quand les nerfs électriques sont coupés. On peut m’objecter, à la vérité, que, lorsque ces nerfs sont coupés, il n’y a plus de contraction , et par suite de rapprochement possible des membranes élémentaires. A cela nous répondrons que l’organe lui-même n’est pas contractile, que, lorsque les IV. 19

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