CHAPITRE V. 3o
se comporte comme force physique ou comme force chimique.
Dans le premier cas, on se sert de l’électricité libre, provenant des machines ordinaires ou de piles volta’L ques dont on interrompt la communication entre les pôles pendant un temps plus ou moins court pour varier la vitesse des commotions; et dans le second, de piles dont chaque pôle, suivant sa nature, est mis en rapport avec l’organe sur lequel on veut produire une réaction acide ou alcaline.
Avec les machines électriques , on obtient des étincelles plus ou moins fortes, que l’on dirige sur certaines parties du corps au moyen d’excitateurs à manche isolant, dont on varie la forme suivant les effets que l’on veut produire. On transforme quelquefois ces excitateurs en brosses métalliques, pour diviser à l’infini l’étincelle et provoquer une irritation plus grande à la peau.
Si l’on veut produire des effets plus marqués que les précédents, on emploie la bouteille de Leyde , avec laquelle on donne des commotions : celles que l’on administre avec la pile à circuit interrompu sont moins fortes, puisque l’électricité a moins de tension; mais aussi elles ont l’avantage d’être plus rapprochées, et de produire sur la partie malade un état d’excitation presque continuel, si les interruptions se succèdent rapidement. L’électricité voltaïque jouit encore d’un autre avantage; elle affecte plus profondément les organes que l’électricité libre, qui tend h se porter à la surface des corps. Halle et M. Thillay ont vu un homme qui avait les muscles du côté gauche de la face paralysés, et qui n’éprouvait aucun effet de la commotion électrique. L’ayant soumis à l’action galvanique d’une pile de 5o éléments, en faisant communiquer, au moyen de conducteurs métalliques, les deux extrémités de la pile avec différents points de la joue malade, à l’instant ou le circuit était formé, tous les muscles de la face entrèrent en convulsion avec chaleur, douleur, etc. Ces essais, répé-
30 6 MOYENS EMPL. POUR APPLJQ. L ELEC. , ETC.
tés pendant plus de six mois, ramenèrent peu à peu les parties à l’état naturel.
qc) i . Pour régulariser les commotions données avec la pile , on se sert d’une horloge à balancier, dont les battements isochrones établissent et interrompent la communication entre les pôles , à des intervalles de temps plus ou moins rapprochés.
De chaque extrémité de la pile part un fil de cuivre, terminé par une pièce de même métal ou de platine, construite de manière à pouvoir s’appliquer avec la plus grande facilité sur la partie malade.
Si l’on désire agir intérieurement, on prend, comme l’a fait M. Sarlandière, des aiguilles d’acier ou de platine en relation avec une pile, que l’on introduit, par le procédé de l’acupuncture, dans les parties ou l’on veut opérer. Ce mode d’application de l’électricité est le plus efficace de tous ceux qui ont été employés, puisqu’il permet d’agir directement sur la partie malade; aussi est-ce celui qui est le plus généralement employé.
99*?.. Enfin, M. le docteur Fabré-Palaprat a trouvé dans l’électricité un moyen très-simple d’appliquer instantanément un nioxa dans les régions les plus profondes du corps , sans produire de lésions appréciables autre part que là oh il est apposé. On introduit à cet effet, dans la partie affectée, une aiguille de platine, que l’on met en communication avec l’un des pôles d’une pile composée d’éléments à larges surfaces, capables de produire des effets thermo-électriques énergiques, tandis que l’autre pôle est en relation au moyen d une plaque métallique avec une région voisine du corps. A l’instant même, l’aiguille s’échauffe jusqu’à l’incandescence, et brûle les chairs contiguës en produisant une vive douleur de très-courte durée. Il se produit, quelques jours après, une inflammation semblable à celle que manifeste le moxa, puis une escarre, qui finit par tomber sous forme de tuyau de plume.
9^3. Nous devons rappeler que les effets physiolo-