‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 202 sur 216 · CHAPITRE V. 3o · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. 3o

gtques des cornants électriques, quand ils n’ont pas une grande intensité, varient suivant qu’ils cheminent dans le sens des ramifications nerveuses ou dans la direction opposée; dans le premier cas, il y a contraction, dans le second douleur, Les praticiens ne doivent donc pas perdre de vue cette différence, qui influe nécessairement sur les résultats, s’ils emploient des courants peu énergiques.

Rit ter avait déjà signalé ces différences dans les applications de l’électricité à l’organisme. Puisque nous avons vu qu’il avait observé que le pôle positif augmente les forces vitales, tandis que le pôlenégatif les diminue; que le premier tuméfie les parties, le second ies déprime; que le pouls de la main, tenu quelques minutes en contact avec le pôle positif, est fortifié, tandis qu’il est affaibli si le contact a lieu avec le pôle négatif; que dans le premier cas, on éprouve un sentiment de chaleur; et dans le second, un sentiment de froid. Mais il n’a nullement tenu compte de la direction du courant, par rapport aux ramifications nerveuses. Pour interpréter ces effets, il faut se rappeler le principe que nous avons établi par des expériences décisives, savoir, que l’électricité positive, pour se frayer un passage dans un liquide médiocre conducteur, écarte, renverse les objets qui retardent sa marche, tandis que l’électricité négative ne produit rien de semblable dans les memes circonstances; d’après cela, on voit que l’électricité positive tend à irriter, à donner de la vie aux parties qui en manquent, quand elle chemine dans la direction opposée aux ramifications nerveuses.

994. Richerand, qui s’est occupé aussi de l’emploi de l’électricité voltaïque en médecine, a reconnu également qu’il ne fallait pas employer indifféremment l’action des deux pôles, surtout quand on opère avec des appareils simples. Quand il s’agit, par exemple, d’exalter l’irritabilité affaiblie, il conseille d’employer le cou rant provenant d’un couple argent et zinc, plaçé de telle manière que l’argent se trouve le plus près pos-

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sible de l’origine des nerfs, et le zinc sur le muscle dont on veut réveiller l’action engourdie ou totalement suspendue. Dans ce cas, le courant chemine dans le sens opposé aux ramifications nerveuses, et il doit en résulter une excitation. Nous devons ajouter qu’en général le courant, quand il a une certaine intensité, paraît agir comme un excitant, quelle que soit sa direction; mais néanmoins l’électricité positive, quand elle remonte à l’origine du nerf, produit toujours beaucoup plus de douleur que lorsqu’elle chemine dans une direction contraire.

990. Tout ce que nous avons dit jusqu’ici touchant Faction physiologique de l’électricité, tend a prouver que son emploi en médecine doit être but avec la plus grande circonspection; car, agissant puissamment sur les nerfs, elle peut produire dans le cerveau des ébranlements nuisibles, ainsi que des accidents graves dans les muscles, tels que des déchirements, des épanchements de sang,' etc., si l’énergie des courants n’est pas en rapport avec le pouvoir conducteur des parties qui les transmettent. Si Fon se rappelle, en outre, que MM. Prévost et Dumas ont trouvé qu’une série de petites étincelles, dirigées dans le sang, y apporte des changements notables, on concevra facilement que Fon 11e saurait trop se garantir des accident qui peuvent résulter du passage de l’électricité dans les substances organiques. Les observations suivantes de Morgan viennent encore confirmer la justesse de ces réflexions.

Lorsque le diaphragme est placé sur la route que doit suivre le courant accumulé sur une surface de 1 pouces carrés, au moment de la décharge les poumons font un violent effort suivi d’un cri perçant, tandis que si la décharge est faible elle excite le rire. Si la décharge traverse la colonne vertébrale, elle produit une grande faiblesse dans les membres inférieurs. Tous ces faits montrent la nécessité d’étudier les effets physiologiques de l’électricité, avant de songer à l’appliquer à des cas pathologiques.

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