CHAPITRE V
fois que l’on voulait donner la secousse. Il commença par donner i 5o secousses à Tune des jambes, et ensuite le même nombre à l’autre jambe, puis à toutes les deux simultanément 3oo secousses, en faisant communiquer un des pieds avec le pôle positif, et l’autre avec lë pôle négatif. Il mit un intervalle d’une à deux secondes entre chaque secousse, et un repos de deux ou trois minutes après en avoir administré [\o ou 5o. Dans l’intervalle d’une série de secousses à l’autre, le circuit restait fermé. Il électrisait quelquefois le malade en mettant l’extrémité de la bande de plomb terminée en pointe et communiquant avec le pôle négatif, en contact avec l’endroit de la jambe dont la peau lui paraissait la plus délicate, et qui avait été humectée préalablement d’eau salée; il en résulta une sensation analogue à celle d’une piqûre, qui fut la première que la malade ressentit. Ce traitement fut administré pendant plus d’une heure, et répété plusieurs jours de suite. Le nombre des couples fut ensuite porté à y5; les commotions devenant assez pénibles, il fut obligé d’envelopper la jambe, sur laquelle on appliquait la bande de plomb, d’une toile humide. Après un mois de traitement, il substitua à son appareil un autre à couronne de cent tasses; la superficie mouillée des plaques était d’environ 3 Centimètres carrés, et le conducteur liquide de l’eau de mer, a laquelle on avait ajouté du sel. Dès cette époque, les commotions furent portées à 800; on ajouta, tous les 4 ou 5 jours, une nouvelle quantité de sel dans le liquide, et les plaques oxidées furent nettoyées avec soin. M. Marianini obtint des résultats évidents d’amélioration douze jours après avoir commencé le traitement; la malade éprouva d’abord un sentiment de démangeaison, puis elle s’aperçut par le toucher que son pied était en contact avec un corps mouillé. Le 1 5e jour elle put, quoique avec peine, exécuter les mouvements ordinaires du pied. Le 21e jour elle put sortir à pied, quoique soutenue avec peine; dès lors l’amélioration de la santé fut progressive , et 4 purs wrè» elle marchait sans fatigue et ne fut plus
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électrisée après. Une autre clame, âgée de 29 ans, ayant le coté gauche paralysé depuis quatre ans, par suite d une maladie grave et nerveuse, fut soumise au même mode d’expérimentation. Dans l’espace de 2 mois , la malade fut électrisée environ 4o fois; elle se trouva mieux, quoique aux yeux de M. Marianini l’amélioration fût bien faible. Le mieux continua cependant après la cessation du remède, et au bout de 20 mois le côtégauche était aussi bien portant que le droit.
Le \2 septembre 1828, il soumit à l’action de l’électricité voltaïque un bomme âgé de 3o ans, affecté de paraplégie incomplète. La sensibilité était dans l’état naturel, mais le mouvement volontaire n’existait que dans quelques parties des doigts du pied. Les membres étaient peu flexibles, et cette roideur s’étendait jusqu’aux lom-
bes, de manière qu’il ne pouvait rester autrement qu’etendu sur son lit, et que, s’il voulait soulever la tête ou le dos, il était obligé de se soutenir sur ses coudes. Cet état, qui durait depuis 20 mois, provenait d’une maladie de l’épine dorsale. Ayant été électrisé avec l’appareil à couronne de tasses en donnant 200 secousses les premiers jours, et augmentant ce nombre jusqu’à 5oo, avec 60, 70, 80 et même 100 paires, et faisant aller l’électricité du pied droit au pied gaucbe , le traitement fut ainsi administré pendant 2 mois. Le malade parvint à se dresser sur ses pieds, et même à faire quelques pas; le traitement fut discontinué, attendu qu’on considéra la paraplégie comme guérie.
M. Marianini cite ces cas de guérison , mais il ne nous dit pas s’il a eu quelquefois des non-succès; ce qui e st à présumer, car jusqu’ici on est loin d’avoir reconnu que l’électricité fût un spécifique certain dans la paralysie.
1004. Grapengiesser, dans la paralysie des extrémités, a administré l’électricité de la manière suivante : il a placé les conducteurs d’une pile ou sur la peau seulement mouillée, ou sur la peau dénudée par les vésicatoires, de telle manière que le pôle positif répondît au