‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 21 sur 216 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

puisqu’elle a lieu particulièrement dans les corps mauvais conducteurs de l’électricité, qui donnent les effets lumineux les plus marqués. Avant d’exposer cette théorie, nous sommes forcés de donner aussi quelques développements sur la lumière électrique, afin d’indiquer les moyens de pouvoir comparer cette lumière à celle qui constitue la phosphorescence.

§ IV. De la lumière électrique , considérée dans sa

plus grande généralité.

653. La lumière électrique, comme nous l’avons déjà vu (128), ne se manifeste à nos yeux que lorsque les deux fluides, ayant chacun une tension suffisante, sont en mouvement pour reformer du fluide neutre.

Cette tension, qui est nécessaire à l’électricité, pour apparaître à nos yeux sous la forme d’une étincelle, dépend de la forme des corps, de leur nature et des milieux gazeux que traverse la décharge électrique. Avec des corps anguleux il faut une tension moins forte qu’avec des corps de forme arrondie. La lumière électrique est d’autant plus brillante que les corps entre lesquels s’effectuej la décharge conduisent le mieux l’électricité. Quand ces corps sont mauvais conducteurs, le courant a une faible intensité et la lumière prend une couleur rouge plus ou moins foncée. Nous retrouvons ces modifications de la lumière dans des corps qui brûlent plus ou moins lentement.

On conçoit parfaitement que la lumière devienne blanche et brillante, lorsque l’on condense l’air, et qu’elle se divise, s’affaiblisse et prenne une teinte rougeâtre quand on le raréfie. Dans le premier cas, il lui faut une plus forte tension que dans le second pour vaincre la résistance de l’air. Il résulte de là que les différents gaz n’exercent pas d’autre influence que celle qui dépend de leur densité. Dans le vide, la lumière doit être diffuse puisqu’il 11’existe plus de pression qui permette à l’élec-

3 2 DK LA. LÜM. ELEC., CONSI I). DANS SA PLtJS, ETC.

tricité de s’accifrnuler sur la surface des corps. La couleur qu’elle affecte dans ce cas dépend souvent des particules matérielles qui se trouvent dans le vide; Davy a fait à ce sujet une série d’expériences intéressantes, ' que nous avons fait connaître et desquelles il résulte que, lorsqu’on élève la température du mercure dans le vide barométrique, la lumière électrique se montre avec une couleur verte d’une grande intensité, par suite de la présence des vapeurs mercurielles, et que si l’on élève graduellement la température jusqu’à l’ébullition du mercure, la décharge d’une batterie voltaïque de quelques bocaux y produit une lumière de l’éclat le plus brillant, tandis qu’en refroidissant le mercure, la lumière s’affaiblit peu à peu, et q’uà ao° au-dessous de zéro, du thermomètre de Fahrenheit, la lumière est si faible qu’elle ne peut être aperçue que dans une obscurité très-profonde. D’ autres expériences prouvent également l’influence des parties matérielles sur l’intensité de la lumière, mais il ne faut pas croire que ces parties soient indispensables à la production de la lumière électrique, car on peut obtenir les plus belles apparences lumineuses là où on ne peut soupçonner i’influence de corps étrangers. Il suffit, pour cela, de faire passer dans le vide, entre deux conducteurs, la décharge d’une batterie électrique fortement chargée.

654- Il 116 suffit pas de pouvoir déterminer les apparences que prend la lumière électrique dans telle ou telle circonstance, il faut connaître encore sa composition, afin de pouvoir établir un jour son identité avec celle de la lumière phosphorique quand elle sera connue. La faible intensité de cette dernière n’a pas permis jusqu’ici aux physiciens de faire quelques recherches à cet égard; néanmoins nous devons donner les résultats que l’on a obtenus en analysant la lumière électrique.

Wollaston est le premier qui ait observé que le spectre résultant du passage de la lumière électrique dans un prisme, était formé d’images dont la composition n’e-

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