CHAPITRE PREMIER
tait pas identiquement la même que celle des images du spectre solaire (i).
Frauenhofer a précisé les différences qui existent entre les deux lumières. En regardant avec une bonne lunette le spectre produit par la réfraction de la lumière électrique dans un prisme, il a reconnu qu’il différait d’une manière frappante de celui qu’on obtient avec la lumière solaire et les flammes , sous le rapport des lignes et bandes du spectre coloré. On distingue dans ce spectre plusieurs lignes en partie très-claires, dont l une, qui se trouve dans le vert, est d’une clarté presque brillante en comparaison du reste du spectre. On observe dans l’orangé une autre ligne un peu moins lumineuse, qui paraît avoir la même couleur que la ligne claire du spectre de la lumière de la lampe. En mesurant son angle de réfraction, on trouve que cette lumière est beaucoup plus réfractée et à peu près autant que les rayons jaunes de la lumière de la lampe. A peu de distance de l’extrémité du spectre on remarque une ligne qui n’est pas très-claire, dont la lumière est aussi fortement réfractée que celle de la lumière claire de la lampe dans le reste du spectre. On peut encore distinguer trèsfacilement quatre autres lignes bien claires. Frauenhofer attribue la présence de ces bandes claires à des rayons de lumière simple qui n’ont pu être décomposés par le prisme.
En soumettant à l’expérience la lumière solaire, il a reconnu, à la place de la bande claire qu’il a observée entre le rouge et le jaune dans la lumière de la lampe, un nombre considérable de lignes verticales fortes
et faibles, toutes plus obscures que le reste du spectre, et dont plusieurs paraissaient noires. Ces lignes se montrent toujours dans les mêmes couleurs, quelle que soit la matière du prisme; elles servent donc à caractériser la lumière solaire.
(1) Transact. philos., 1802, p. 38o.
34 DE LA LLM. ÉLEC. , COtVSID. DANS SA PLÜS, ETC.
655. M. Wheatstone a continué les recherches de Wollaston et de Frauenhofer ( i ) avec un télescope muni d’un micromètre. Il a substitué a la machine électrique ordinaire un appareil électro-magnétique disposé de manière à donner une étincelle électrique ne variant pas de position. Yoici les principaux résultats auxquels il est parvenu : le spectre de l’étincelle électrique tirée du mercure consiste en sept bandes définies, séparées les unes des autres par des intervalles obscurs; elles sont composées de deux bandés orangées rapprochées l’une de l’autre, d’une bande vert brillant, de deux bandes vertbleuâtre très-rapprochées, d’une bande pourpre trèsbrillante, et enfin d’une bande violette. Il a obtenu, quand l’étincelle a été tirée du zinc, du cadmium, du bismuth, du plomb à l’état liquide, des résultats qui montrent que le nombre, la position et les couleurs des bandes varient pour chaque cas. Nous dirons seulement que le spectre du zinc et celui du cadmium présentent une bande rouge qu’on ne retrouve pas dans ceux des autres métaux. Il n’a trouvé aucune différence dans la composition du spectre formé avec l’étincelle provenant d’une pile voltaïque.
M. Wheatstone a voulu aussi connaître comment le passage de l’étincelle électrique dans l’air influait sur la composition de la lumière; en conséquence, l’étincelle voltaïque a été tirée du mercure dans le vide opéré avec la machine pneumatique, dans le vide de Toricelli, dans le gaz acide carbonique, etc. Les résultats ont été constamment les mêmes que ceux qu’il avait obtenus dans les expériences faites dans l’air ou dans le gaz oxigène. Il a dû en conclure que la lumière électrique n’était pas un effet de la combustion du métal, comme du reste oti le savait déjà.