CHAPITRE II
La chaleur, en dilatant les molécules des corps, ne fait, nous le répétons, que produire une espèce de clivage naturel analogue au précédent, d’où résultent nécessairement des effets électriques semblables.
§ III. Phosphoi'escence par insolation.
669. Ce mode de phosphorescence est celui qui est produit dans ies corps par une simple exposition à la lumière solaire. Nous 11e savons pas encore au juste comment la lumière agit dans cette circonstance, cependant nous avons lieu de soupçonner qu’elle y produit soit un changement d’état moléculaire momentané, soit des décompositions chimiques analogues à celles qu’elle opère sur les couleurs végétales et sur certains composés.
On doit ranger parmi les substances qui possèdent au plus haut degré ce genre de phosphorescence, les phosphores de Canton et de Baudouin, dont l’un est un sulfure de calcium, et l’autre le nitrate de chaux fondu, qui est un composé d’oxide nitrique, d’acide nitreux et de chaux. Le premier émet une lumière jaune, le second une lumière blanche ; l’effet est toujours le même, quels que soient les rayons du spectre auxquels on les expose. Si l’expérience qui a été faite par M. Dessaignes est exacte, on doit en conclure que la lumière solaire n’agit pas dans cette circonstance par la chaleur qu’elle renferme.
670. P. Heinrich place parmi les minéraux phosphorescents par insolation ceux qui sont à base de chaux, tels que la chaux fluatée, qui est en première ligne, puis la chaux carbonatée, les diverses pétrifications, les tests des animaux marins, les os fossiles, les perles, les chaux, sulfatée, phosphatée, arseniatée.
671. Néanmoins tous les sels calcaires ne possèdent pas la phosphorescence au même degré; elle varie suivant la nature des acides, en raison de causes qui nous sont inconnues; la chaux fluatée, quand sa propriété
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lumineuse n’a pas été altérée, reluit après quelques se» coudes d’exposition au soleil. La craie est très-lumineuse par insolation ; il résulte évidemment de là que des masses considérables de calcaire et de craie, particulièrement celles qui restent exposées pendant des journées entières à l’action d’un soleil ardent, peuvent répandre au loin, à la chute du jour, une faible lueur phosphorique. N’est-ce pas à cette cause qu’il faut rapporter la phosphorescence de quelques montagnes, que des voyageurs, dit-on, ont observée dans l’intérieur de l’Afrique ? Nous appelons sur ce point l’attention des géologues, parce que le phénomène de la phosphorescence se rattache à la question de la décomposition des roches, en ce qu’il annonce soit une décomposition, soit une désagrégation, soit un dérangement dans l’état d’équilibre des particules, qui peut être suivi de l’une ou de l’autre.
672. Les physiciens qui se sont le plus occupés de la phosphorescence ont admis que les minéraux dans lesquels dominent la silice, l’alumine et la magnésie, sont peu propres à devenir phosphorescents. Beaucoup de diamants réduits en petits fragments jouissent de la phosphorescence, même après une faible action solaire, pourvu cependant qu’on ne les ait pas soumis d’abord à une forte calcination; dans ce cas iis n’émettent plus de lumière. On cite des diamants qui sont restés phosphorescents pendant une heure dans un milieu quelconque, après avoir été exposés pendant quelques secondes seulement à la lumière solaire.
Une foule de corps ne sont pas lumineux par insolation. Je citerai par exemple les liquides, le charbon, le graphite, les métaux, leurs sulfures, à l’exception du sulfure jaune d’arsenic; leurs oxides précipités de leurs dissolutions et séchés, excepté les oxides de plomb et de zinc, et quelques oxides métalliques naturels. En général , on peut ranger dans la même catégorie tôtis les corps qui sont lions conducteurs de l’électricité ; lés corps isolants présentent de grandes différences