‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 32 sur 216 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

de la chaleur dégagée, mais d’un dérangement dans l’état moléculaire. En effet , les composés qui sont phosphorescents par frottement perdent, en général, leur propriété en les chauffant sur le support; nous citerons pour exemple la chaux phosphatée et le chlorure de calcium.

§ V. De la phosphorescence produite par les décharges électriques.

67a.- Les phénomènes vont prendre ici une certaine importance , non-seulement en raison de l’éclat et de l’intensité des effets produits , mais encore à cause du rapprochement que nous pourrons en faire avec les changements qui s’opèrent dans la constitution des corps, par l’effet des décharges électriques.

O11 croyait, jadis, que le choc électrique déterminait seulement dans les corps un écartement, une dislocation de leurs parties; mais il fait plus, puisqu’il les décompose souvent en séparant leurs parties élémentaires ; le cinabre en est un exemple. Les corps conducteurs n’acquièrent aucune phosphorescence sensible après le choc électrique ; si elle existe , elle 11’est que de courte durée, et se confond avec la lumière produite dans la décharge : on retrouve un effet analogue dans les autres modes de phosphorescence.

676. Pour soumettre les corps à l’action des décharges électriques, on les place sur la tablette de l’excitateur universel, de manière que les extrémités des conducteurs en soient à une distance de deux à trois centimètres. On fait passer ensuite de l’une à l’autre la décharge d’une batterie électrique d’un certain nombre de bocaux, et, après l’explosion, si c’est par exemple, un morceau de craie sèche, on aperçoit, dans le trajet parcouru par l’électricité, une traînée de lumière dont les teintes sont changeantes, et qui dure quelques instants. En soumettant au même mode d’expérimentation d’autres corps , on remarque des effets semblables; seulement, la couleur et IV. 4

5o DE LÀ PHOSPHOR. PROD. PAR LES DECH. EÎLEC.

la durée de la lumière varient considérablement. Quand les corps sont en poudre, on les met dans un tube, comme on l’a déjà dit. Nous citerons quelques exemples choisis parmi ceux qui offrent les effets les plus marqués.

Un fragment de cristal de baryte sulfatée donne une lumière verte brillante, ainsi que l’acétate de potasse sec. Le sucre et l’acide succinique produisent des effets semblables , mais plus durables. Les coquilles d’huîtres calcinées donnent les couleurs prismatiques; quand elles sont réduites en poudre, les effets sont infiniment moindres. Elles donnent une phosphorescence plus durable et plus brillante quand elles ont été calcinées avec du soufre.

Le cristal de roche émet une lumière rouge qui devient ensuite blanche. Le choc électrique est, comme on voit, un moyen puissant de communiquer la phosphorescence aux corps ; mais il ne borne pas là son action, il possède encore la propriété remarquable de leur rendre la propriété phosphorescente qu’ils ont perdue par l’élévation de température. MM. Dessaignes, Heinrich et Pearseall , et particulièrement ce dernier , ont fait des recherches intéressantes sur cet important sujet, qui avait déjà attiré l’attention des physiciens du siècle dernier.

677. Lorsqu’on fait passer une décharge électrique au travers de la chlorophane réduite en poussière grossière, il en résulte une émission de lumière verte, qui se manifeste chaque fois que l’on renouvelle la décharge ; l’intensité paraît même sensiblement augmentée.

« Quand un morceau de chlorophane a perdu sa phosphorescence par une élévation suffisante de température, l’action de la décharge d’une bouteille de Leyde, dont l’armure a 9 cent, carrés, lui rend sa propriété primitive, non-seulement à l’instant du passage de l’électricité, mais encore lorsqu’on élève sa température. Un échantillon de chlorophane qui a perdu sa propriété ne la reprend pas au soleil. Ou ne connaît jusqu’ici que le choc électrique pour la lui rendre. L’intensité de la lumière émise

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