CHAPITRE II
paraît croître en raison du nombre et de la force des décharges.
Du spath fluor violet calciné fortement, et qui, exposé a la lumière, ne donne plus aucune phosphorescence, n’en manifeste que lorsqu ii a été électrisé. Il émet alors une lueur d’un violet foncé.
L’apatite présente le même phénomène; seulement la lumière est jaune. Cette substance produit plus d’effets en fragments qu’en poudre.
6j8. Le choc électrique est capable, en outre, de faire acquérir la phosphorescence aux corps qui ne la possédaient pas avant.
Un spath fluor non coloré qui ne présentait aucune trace de phosphorescence, a l’aide de la chaleur en a donné une de couleur de feu, après cinq ou six dé» charges.
Un diamant sur lequel on avait lait passer douze décharges, a émis une lueur d’un bleu pâle lorsqu’on l’a fait chauffer.
Des diamants qui ne sont point lumineux, le deviennent après l’action de quelques décharges.
Le marbre blanc, non phosphorescent dans son état naturel, le devient après avoir été soumis a l’action de dix ou douze décharges : il émet alors une faible lueur rouge.
M. Pearseall a observe que des fluors blancs, qui avaient une teinte jaunâtre , en prenaient une bleuâtre après six ou sept décharges. La phosphorescence ainsi produite était d’autant plus forte, que la teinte était plus visible. Cette observation, comme nous le verrons plus loin, est d’une certaine importance.
On peut faire cette expérience, en réunissant quelques fragments de fluor dans un tube de verre ouvert aux deux extrémités, et dont les deux bouts sont en communication avec ceux d’un excitateur éloignés l’un de l’autre d’un à deux centimètres. Les portions non colorées ne sont pas phosphorescentes, tandis que les parties colorées extérieurement possèdent cette propriété ;
5 2 DE IA PHOSPIIOR. PROD. PAR LES DECH. ELEC.
il paraîtrait donc que la propriété qui est conférée par le choc appartient principalement aux surfaces, c’est-àdire aux parties des corps conducteurs qui éprouvent le plus son action.
Les pierres dures, telles que les corindons, le grenat, l’améthyste, n’ont donné jusqu’ici aucune trace de phosphorescence après le choc électrique.
679. M. Pearseall a observé que, lorsque les fluors naturels émettent une lumière de différente teinte, l’action électrique ne lui en communique qu’une seule. L’inverse a lieu quand le minéral n’en présente qu’une seule : alors la phosphorescence est composée de couleurs variées.
Les effets de la lumière sur les corps qui ont éprouvé le choc électrique sont très-remarquables. Il faut pour cela opérer sur des fluors calcinés préalablement et électrisés ensuite; on les divise en deux portions : l’une, renfermée dans des tubes de verre, est exposée aux rayons solaires, et l’autre, enveloppée dans du papier, est placée dans l’obscurité. Les fragments sont ensuite chauffés ; dans une expérience, partie des fragments qui avaient été exposés pendant 2 1 jours à la lumière solaire, avaient perdu toute leur phosphorescence; partie avaient éprouvé une modification sensible dans leur phosphorescence, tandis que les fragments conservés dans l’obscurité avaient conservé la propriété qu’ils tenaient du choc électrique.
Il restait à examiner l’influence que pouvait exercer le choc sur les substances qui possédaient avant la phosphorescence ; M. Pearseall, qui a traité cette question, a trouvé une augmentation d’intensité dans la lumière, et fréquemment une série de couleurs magnifiques.
La phosphorescence qui est ainsi imprimée aux corps paraît plus énergique que celle qui leur est propre, puisqu’elle se développe à des températures plus basses que celles où cette dernière se montre.
680. Nous avons déjà dit que les coquilles d’huîtres calcinées émettaient une lumière assez vive lorsqu’elles