‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 50 sur 216 · DE LA PHOSPHORESCENCE DE LA MER · texte numérisé non relu

DE LA PHOSPHORESCENCE DE LA MER

quelque grande que soit l’obscurité où on le tienne renfermé pendant le jour. Il semblerait résulter de cette observation, que l’influence soutenue de la lumière est une condition indispensable, comme dans le lampyre, pour la manifestation du phénomène.

71 5. La phosphorescence est inhérente au tissu des feuillets , car les plus petites parcelles qu’on en détache restent lumineuses; le frottement détruit peu à peu cette propriété.

Divei 'ses fleurs, telles que la capucine, le souci, etc., montrent, dit-on, des phénomènes lumineux par scintillation pendant les nuits des plus beaux jours de l’été. Ce genre de phosphorescence est analogue à celui que nous avons reconnu dans quelques substances minérales.

Nous répétons encore ici que, 11’ayant que très-peu de notions sur la constitution des corps , il nous est impossible de donner une explication satisfaisante de ces effets, Nous nous contentons donc de les mentionner ici.

§ III. De la phosphorescence de la mer.

716. La phosphorescence de la mer a été observée depuis un temps immémorial. Le phénomène est tellement marqué dans certaines localités, que les personnes qui prennent le moins d’intérêt aux phénomènes naturels, ont dû être frappées de l’effet magique qu’il pro* duit quelquefois.

Dans toutes les régions de l’Océan, mais particulièrement sous la zone tropicale, dès que le jour disparaît, on voit jaillir du sein des eaux une lumière phosphorique plus ou moins vive, qui, suivant toutes les apparences, est due à des animalcules ou à des matières organiques tenues en suspension dans ces eaux, et analogues à la mucosité qui suinte des poissons de mer dans lesquels la phosphorescence est développée. Cette lumière se manifeste aux crêtes des vagues qui retombent sur ellesmêmes, autour du gouvernail du vaisseau, dans les lames

Page 1