‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 75 sur 216 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

ïo5

constamment dans l’atmosphère de l’électricité positive. Nous ajouterons cependant que la tension de cette électricité est très-faible, puisque nous sommes obligés d’employer un condensateur, dans nos expériences, pour la rendre sensible.

Quant à l’électricité dégagée dans l’acte de la végétation , rappelons-nous encore que les gaz en se combinant, soit entre eux, soit avec des corps solides ou liquides, rendent libre de l’électricité, dont la nature dépend de celle de ces corps. Quand les gaz abandonnent des combinaisons, les effets sont inverses.

Si nous voulons appliquer ce principe à la végétation, nous dirons que, lorsque l’acide carbonique est absorbé par les feuilles et élaboré dans leur tissu pendant le jour, l'oxigène qui est expulsé emporte avec lui l’électricité négative, tandis que le carbone ou la plante conserve l’électricité positive : voilà ce qui se passe sous l’influence de la lumière solaire. La nuit, les effets doivent être inverses, puisque le gaz acide carbonique est au contraire exhalé de la plante; mais aussi les effets sont plus marqués le jour que la nuit. Comment donc supposer qu’une partie de l’électricité positive de l’atmosphère soit due à l’acte de la végétation, lorsque l’oxigène emporte avec lui, pendant le jour, où l’action est la plus vive, l’électricité négative. Nous n’en disons pas de même de l’évaporation de l’eau à la sur» face de la terre, nous la considérons au contraire comme une des causes de l’électricité aérienne.

y38. On peut nous objecter, avec une apparence de raison, que l’intensité de l’électricité libre, les jours sereins, est plus faible en été qu’en hiver, où l’évaporation est moins forte, ce qui devrait produire un effet contraire. Le fait est vrai; mais en hiver, comme nous l’avons déjà dit, les vapeurs aqueuses apportent à la terre l’électricité des régions élevées en plus grande quantité que l’air généralement moins humide de l’été. Nous répétons encore que, bien que l’évaporation soit une des causes de l’électricité atmosphérique, il nous est

DES CAUSES GÉNÉRALES

impossible d’affirmer que ce soit la seule. Notre réserve, dans une question aussi -importante , sera sans doute appréciée par le lecteur.

739. Jusqu’ici il n’a été question que de l’électricité positive, parce que c’est celle qui se trouve toujours dans l’atmosphère dans les temps sereins; mais, dans toute autre circonstance, i électricité est tantôt positive, tantôt négative, et meme quelquefois nulle. Les résultats de Schuhler nous apprennent, en outre, qu’il y a dans l’année autant de jours pluvieux qui donnent de l’électricité positive, que, de jours pluvieux qui fournissent de l’électricité négative. Cherchons donc d’où peut provenir cette dernière, sans laquelle il n’y aurait ni éclairs, ni coups de tonnerre.

7/jO. L’état électrique habituel de l’atmosphère nous indique que la terre doit posséder toujours un excès d’électricité négative; car, quand bien même cette électricité ne serait pas celle que les substances salines retiennent pendant l’évaporation , faction par influence de l’électricité positive de l’air rendrait la terre négative; ainsi donc tout concourt à faire admettre que la terre a toujours, dans les temps sereins, un excès d’électricité négative. ]î ne suffit pas que la théorie l’admette, il faut encore le prouver à i’aide de nos instruments ; c’est ce qu’on a négligé en généra! de faire jusqu’ici, et cependant il peut résulter de faction de cette électricité terrestre sur l’électricité aérienne, des effets complexes qui ont du induire quelquefois en erreur les physiciens.

7/1 ü. Réad (1), en 1790, avait déjà remarqué que lorsque la tige métallique extérieure de son appareil atmosphérique était fortement électrisée, la partie inférieure de f électromètre , quoique non isolée, puisqu’elle communiquait avec la terre, possédait toujours une électricité contraire à celle de la tige; ce fait, qui a été observé souvent par ce physicien, est trop im-

(t) Transac. philos.

Page 1